Une riche propriétaire réclame 460.000 euros à ses anciens squatteurs

JUSTICE Une médiation a été proposée. Si elle échoue, la présidente de la 4e chambre civile du TGI de Paris tranchera le 31 janvier prochain...

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Une riche propriétaire a réclamé ce lundi, devant le tribunal de grande instance de Paris, plus de 460.000 euros à huit étudiants qui avaient squatté son immeuble situé 69 rue de Sèvres à Paris, dans le VIe arrondissement. Elle réclame 311.500 euros en guise d'«indemnité d'occupation», plus 150.000 euros pour remettre les locaux en état.

Convaincue qu'une médiation est préférable à la voie judiciaire, la présidente de la 4e chambre civile a proposé lundi aux deux parties une médiation. Elle leur a donné dix jours pour s'entendre. Si le 8 décembre, aucune médiation n'a été engagée, elle tranchera elle-même, le 31 janvier.

Une propriétaire «multi-millionnaire et domiciliée fiscalement en Belgique»

«Quand la propriétaire des lieux le laisse vide plus de dix ans et possède également d'autres logements, dont une villa à Neuilly-sur-Seine, vide depuis 25 ans, et qu'elle n'avance aucun projet sur ces bâtiments, c'est une aberration», dénonce dans un communiqué le collectif Jeudi Noir, qui se bat pour l'accès au logement. Et, ajoute-t-il, «quand cette propriétaire est multi-millionnaire et domiciliée fiscalement en Belgique, alors qu'elle réside en France, c'est une caricature».

Les huit étudiants avaient occupé l'immeuble entre mars 2008 et juin 2009. Ils avaient été condamnés en référé à verser 80.000 euros à la propriétaire pour avoir occupé illégalement son bien, un immeuble de cinq étages situé près du Bon Marché, mais celle-ci a depuis saisi les juges du fond pour réclamer des sommes supplémentaires.

Les jeunes qu'elle poursuit dénoncent cette attitude et affirment ne lui avoir causé aucun préjudice, d'autant que, depuis leur départ il y a un an et demi, la propriétaire n'a ni loué ni vendu les lieux. Quant aux «dégradations», disent-ils, elles sont une invention de la propriétaire qui espère faire payer aux mal-logés la remise à neuf de son bien.