Julian Assange, le hacker bohème devenu agent de renseignements du peuple

PORTRAIT Qui est celui qui se cache derrière le site Wikileaks?...

Julien Ménielle

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Julian Assange, le fondateur du site WikiLeaks lors d'une conférence de presse à Londres, Grande-Bretagne, le 23 octobre 2010.
Julian Assange, le fondateur du site WikiLeaks lors d'une conférence de presse à Londres, Grande-Bretagne, le 23 octobre 2010. — REX / SIPA

En quelques mois, WikiLeaks est devenu la bête noire des Etats-Unis. Mais si le site qui met en ligne les documents les plus secrets est un monstre à plusieurs têtes, une seule dépasse: celle de Julian Assange. Brun, blond, parfois un peu des deux, le dandy australien est à la fois le fondateur et le porte-parole du site.

Enfance nomade

Julian Assange a un point commun avec son WikiLeaks: il n’a pas de domicile fixe. Le bonhomme voyage souvent, hébergé par des connaissances ou des sympathisants à sa cause. Ceux qui voient en lui le chantre de la transparence, l’agent de renseignements au service du peuple qu’il veut être.

Le nomadisme, Julian Assange a dû s’y faire très tôt. Né en 1971, élevé par un couple d’artistes ambulants, il n’a ni maison ni école. Alors qu’il n’a que 8 ans, sa mère se remarie avec un homme qu’elle fuit 3 ans plus tard, son fils sous le bras, pour échapper à ses abus.

«Subversifs internationaux»

Le jeune Julian a une passion, l’informatique, et une haine de l’establishment, dans laquelle il a été élevé. Il deviens hacker, et fonde à 16 ans le groupe «Subversifs internationaux». C’est à cette époque que Julian Assange quitte brièvement les jupons de sa mère pour s’installer avec une jeune fille de son âge.

Quelques jours après son mariage, la police saisit tous ses ordinateurs au cours d’une descente dans le cadre d’une enquête sur des détournements d’argent. Assange est blanchi, récupère son matériel, mais décide de se faire discret. Mais c’est un autre combat judiciaire qui donnera à l’Australien le goût de la défiance à l’égard de l’Etat, principe fondateur de WikiLeaks.

Un combat fondateur

Une fois leur enfant né, la femme d’Assange quitte ce dernier. Aidé par sa mère, le hacker commence alors à enregistrer ses échanges avec l’administration et parvient à obtenir des renseignements en garantissant l’anonymat à ses taupes. Au terme d’un combat acharné, il finit par trouver un accord avec sa femme, en 1999.

Fort de son expérience, Julian Assange fonde WikiLeaks en 2006. Quelques révélations fracassantes plus tard, le bonhomme se dit victime d’une cabale. Ayant fui la Suède où il était accusé de viol, il voit désormais un nouvel écueil se dresser en travers de son chemin: certains de ses anciens compagnons de route, lassés par son comportement, projettent de lancer un site concurrent. Un coup du FBI?