Les Restos du cœur remettent le couvert

REPORTAGE L'association fondée par Coluche a lancé ce lundi sa 26e campagne d'hiver...

Julien Solonel

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Une bénévole des Restos du coeur travaille au centre Cesslin, dans le 11e arrondissement de Paris, le 29 novembre 2010.
Une bénévole des Restos du coeur travaille au centre Cesslin, dans le 11e arrondissement de Paris, le 29 novembre 2010. — S. Ortola / 20 Minutes

Ils sont une trentaine à faire la queue, la plupart équipés d’un cabas à roulette. Des mamans avec leurs enfants, des travailleurs immigrés ou des quinquas au chômage qui ne retrouvent pas de boulot.

Ce lundi à 13h, le centre Cesslin, dans le 11e arrondissement de Paris, a ouvert ses portes pour la nouvelle campagne hivernale des Restos du coeur.

«Une fois payés le loyer et l’EDF, il ne reste plus rien pour manger»

Chaque jour du lundi au jeudi jusqu’au 31 mars 2011, la plus petite des antennes parisiennes de l’association fondée par Coluche distribuera de la nourriture à 350 bénéficiaires des 3e, 4e, 11e et 12e arrondissements.

Certains, comme Michel, 42 ans, connaissent les Restos depuis plusieurs années. «J’habite avec ma femme et mon fils de 10 mois dans un studio qui coûte 500 €. Je vis avec le RSA, alors une fois payés le loyer et l’EDF, il ne reste plus rien pour manger», explique-t-il en fourrant briques de lait et boîte de cannellonis dans un sac à dos.

De plus en plus de personnes seules

Mohammed, lui, est un peu perdu. C’est la première fois que ce demandeur d’asile de 55 ans vient, et il n’a pas pensé à prendre quelque chose pour transporter la nourriture. «Je ne savais pas», regrette-t-il. Heureusement, Geneviève et Catherine, deux bénévoles chargées de la distribution des compotes et des fromages, ont prévu le coup. «Tenez, prenez Monsieur», arrange Geneviève en tendant à Mohammed un solide sac en plastique. «C’est bien ici, sinon je ne m’en sortirais pas», apprécie ce dernier.

Les personnes isolées comme Mohammed sont de plus en plus nombreuses dans les Restos. Selon Patricia Legéant, responsable du centre Cesselin, «c’est le grand changement ces dernières années à Paris. Avant, on avait beaucoup de familles. On voit de plus en plus de gens seuls - de l’étudiant au retraité. C’est lié à la précarisation et à la crise immobilière, qui chasse les familles de la capitale. On les retrouve dans nos centres en banlieue». L’an dernier, les personnes isolées ont représenté 30 % des bénéficiaires des Restos du cœur à Paris.