Édouard Balladur nie en bloc

Matthieu goar
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Edouard Balladur.
Edouard Balladur. — J. NAEGELEN / REUTERS

Edouard Balladur, le grand silencieux dont tout le monde parle, est revenu au cœur de l'affaire Karachi, ce week-end. « Je n'ai jamais été informé de l'octroi de commissions », a ainsi affirmé l'ancien Premier ministre devant une mission parlementaire, le 28 avril 2010, selon un document publié par Le JDD, samedi.

Des proches au courant
Dit-il la vérité ? En 1994, la France et le Pakistan avaient signé un contrat de 5,41 milliards de francs (826 millions d'euros) pour la vente de trois sous-

marins. En marge de ce contrat, 330 millions de francs de commission légale avaient été versés et la justice s'interroge sur l'existence de rétrocommissions qui auraient permis de financer la campagne présidentielle de Balladur en 1995. « Les sommes déposées en espèces provenaient des collectes effectuées dans les centaines de réunions publiques et de la contribution personnelle de tous ceux qui soutenaient ma campagne », a expliqué aux députés l'ancien Premier ministre. En octobre 1995, le Conseil constitutionnel avait hésité, mais finalement validé les comptes de campagne d'Edouard Balladur sur lesquels ont transité 13 millions de francs en liquide.
Si l'ancien Premier ministre affirme ne pas avoir été dans le secret des commissions, des proches des membres de son gouvernement semblaient pourtant être au courant. « Renaud Donnedieu de Vabres [conseiller spécial du ministère de la Défense à l'époque] traitait tout cela directement, il référait en personne au ministre. Les rétrocommissions, ça ne passe pas par le cabinet officiel, ça s'est joué dans les circuits parallèles », a ainsi révélé au quotidien Le Monde le préfet Patrice Molle, ex-chef du cabinet civil de François Léotard au ministère de la Défense et ancien de la DGSE.
Auditionné jeudi dernier par le juge Renaud Van Ruymbeke sur les possibles bénéficiaires des commissions illégitimes, Dominique de Villepin a confirmé l'existence de ces financements, mais n'a donné aucun nom. Le président de République solidaire devrait être entendu à nouveau cette semaine.

Une autre piste ?

Hier sur Radio J, Patrick Devedjian a mentionné une autre piste pour expliquer l'attentat : la rivalité entre le Pakistan et l'Inde, qui a acheté en 2001des sous-marins à la France.