Prise d'otage à Orléans: Le forcené s'est rendu

FORCENE Un homme armé a retenu tout l'après-midi un employé de 56 ans dans les locaux de la communauté d'agglomération...

J. M., O. R. et C.C.

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La communauté d'agglomération d'Orléans où a lieu une prise d'otage, le 26 novembre 2010.
La communauté d'agglomération d'Orléans où a lieu une prise d'otage, le 26 novembre 2010. — Tohrnoriac

C'est un peu avant 19h que le forcené qui a retenu en otage ce vendredi après-midi un employé du service infrastructures dans les locaux de la communauté d’agglomération d’Orléans s'est rendu aux hommes du Raid, a indiqué à 20minutes.fr Chrystel de Filippi, responsable de l'information à la mairie d'Orléans, présente sur place. Elle a précisé que l'employé retenu durant sept heures était sain et sauf, même s'il a été ligoté par le forcené, d'après I-Télé.

Le preneur d'otage, dont les revendications ne sont toujours pas connues, portait sur lui des explosifs et des armes, selon la chaîne d'information. Interrogé par cette dernière, le maire d'Orléans, Serge Grouard, a expliqué que le forcené, connu de la municipalité, s'était «rendu sans difficulté, de manière pacifique». Celui-ci «n'est pas quelqu'un de dangereux, mais en situation de détresse, d'usure, de ras-le-bol». Ses demandes étaient ainsi «difficiles à bien comprendre». 

«C'est quelqu'un de gentil, de très connu sur Orléans, un militant très actif»

Le Raid est arrivé sur place vers 15h, selon les informations de 20minutes.fr et un psychologue du groupe était en contact avec l'homme. Le forcené, armé, aurait fait irruption dans le bureau de la présidence peu avant midi ce vendredi, selon les informations d'Europe1.fr. I-Télé précise qu'il s'agirait d'un plombier d'une soixantaine d'années, qui aurait prévenu la presse locale de ses intentions.

«C'est quelqu'un de gentil, de très connu sur Orléans, un militant très actif, qui est sur tous les coups, confie un bloggeur à I-Télé. A mon avis, il n'est pas méchant, mais il est déterminé, et dans cet état d'esprit, on ne sait pas ce qu'il peut se passer». Cet homme a vu le forcené ce matin «il a eu de nombreux déboires avec la municipalité précédente, des problèmes immobiliers notamment. Hier et ce matin, il est venu me voir, il voulait créer un évènement médiatique. Il m'a confié que son projet était d'amener une personne pris en otage au président de la communauté d'agglomération, sans le prendre en otage lui, et de le garder en otage pendant 29h, avec le président comme témoin», explique-t-il.

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Le journaliste Hamoudi Fellah qui connaît bien le preneur d'otage l'a eu au téléphone dans l'après-midi. Il explique au micro d'I-Télé qu'il semble «extrêmement épuisé, prêt à craquer. Il a le sentiment de ne pas être écouté. Son appel était un appel au secours, il pleurait en même temps. J'ai le sentiment qu'il voulait qu'on l'arrête». Ce journaliste décrit l'homme comme un militant très engagé, à droite, à gauche, dans le fauchage d'OGM. Il a d'abord collé les affiches de Jean-Pierre Sueur, PS, en 1989, avant de rejoindre une liste de droite en 1995. Mais surtout, comme quelqu'un qui «a eu des idées d'entreprises auxquelles on n'a pas cru et qui a eu le sentiment d'être lâché».

«On est inquiets pour notre collègue, surtout qu'on ne sait pas ce qu'il se passe»

«Nous avons été évacués vers 11h45», a indiqué à 20minutes.fr une employée de la communauté d'agglomération. Une quarantaine d'employés sont réfugiés dans le centre de conférences voisin. Selon cette employée, le preneur d'otage serait un individu extérieur à la communauté. «le dispositif de police est assez discret», raconte-t-elle, même si elle a aperçu des hommes en civils et d'uatres équipés de gilets pare-balles.

«On est inquiets pour notre collègue, surtout qu'on ne sait pas ce qu'il se passe», a déclaré l'employée de la communauté d'agglomération à 20minutes.fr. L'homme retenu en otage est âgé, selon elle, de 56 ans et travaille «depuis des années au service infrastructures».

«Personne ne nous a rien dit»

Le préfet et son directeur de cabinet se sont rendus sur place, selon la préfecture contactée par 20minutes.fr, ainsi que le maire et le président de la communauté d'agglomération, selon la mairie. «Nous n'avons pas été évacués», note pour sa part une employée de la mutuelle Mapa, qui se trouve pourtant dans le même bâtiment. «Nous avons vu passer des voitures de police, mais je n'ai rien entendu et personne ne nous a rien dit», poursuit cette salariée qui a été prévenue par son patron qui a entendu la nouvelle à la radio dans sa voiture.

La circulation était bloquée devant le centre de conférences attenant, selon le voisinage, qui indique avoir vu quatre ou cinq voitures de police et de gendarmerie. Une trentaine de policiers est déjà sur place, selon la police, contactée par 20minutes.fr. La préfecture n'avait pas d'éléments supplémentaires dans l'immédiat.