Montfermeil: L'avocat général requiert de la prison avec sursis contre les policiers

JUSTICE Un jeune homme avait reçu des coups de matraque lors d'une interpellation en octobre 2008...

Hélène Colau

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La trêve hivernale des expulsions, qui débute samedi soir, va apporter un répit de quatre mois et demi pour des milliers de personnes, dans un contexte de crise du logement et d'une application difficile du droit au logement opposable (Dalo).
La trêve hivernale des expulsions, qui débute samedi soir, va apporter un répit de quatre mois et demi pour des milliers de personnes, dans un contexte de crise du logement et d'une application difficile du droit au logement opposable (Dalo). — Bertrand Guay AFP/Archives

«Ce n’est pas la bonne solution que j’ai choisie», a regretté d’emblée l’un des trois gardiens de la paix qui, une fois n’est pas coutume, occupaient le banc des accusés du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), ce jeudi. Cette solution, c’est la violence policière.

Cris et pleurs dans la salle

C’est en tout cas cela que l’avocat général a voulu sanctionner en requérant de lourdes peines: six à huit mois de prison avec sursis pour les deux auteurs des coups, trois mois avec sursis pour leur comparse. «Les violences commises par un policier sont inacceptables», a-t-il commenté.

Car s’il y avait une certitude ce jeudi après-midi, c’est que des coups de matraque ont été assénés à Abdoulaye F. dans le hall de son immeuble de Montfermeil, ce soir d’octobre 2008. Pour preuve, une vidéo, qui a déjà choqué des centaines de milliers d’internautes. Lors de sa diffusion, ce jeudi au tribunal, la famille de la victime a quitté la salle, criant et pleurant.

Versions

A l’époque des faits, l’atmosphère est électrique dans la cité des Bosquets. Le tournage d’un film de Luc Besson donne lieu à des violences, des véhicules de la production sont incendiés. Les policiers sont sur les dents. Ce soir-là, les accusés patrouillent quand on jette un pavé sur leur voiture. Quelques minutes plus tard, l’un d’eux croit reconnaître le coupable dans un hall. Il le course dans l’escalier, le traîne jusqu’en bas et porte les coups. Enfin, telle est sa version.

«Je regardais le match de l’équipe de France à la télé, affirme la victime. J’ai entendu du bruit et je suis sorti.» C’est là que les policiers l’auraient attrapé et violenté. Sur cet épisode, la vidéo ne donne pas d’indication. Le parquet a préféré se limiter aux coups. Le jugement a été mis en délibéré pour le 6 janvier prochain.