Quels risques pour la santé selon les régimes?

SANTE Un rapport de l'Anses rappelle que les régimes amaigrissants présentent des risques plus ou moins graves...

Bérénice Dubuc

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Les régimes pourraient être dangereux pour la santé.
Les régimes pourraient être dangereux pour la santé. — JAUBERT / SIPA

Les régimes amaigrissants peuvent être dangereux pour la santé. C’est la conclusion d’un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), qui met en évidence les effets néfastes de ces diètes, ainsi que les carences en fer, en calcium en magnésium, en vitamine C, D et E, et les troubles psychologiques qu’elles peuvent favoriser (dépression, perte de l’estime de soi, trouble du comportement alimentaire).

Ces risques sont bien sûr à moduler en fonction des individus, de la durée, de la fréquence mais aussi du type de régimes suivis. 20minutes.fr fait le point, selon la composition de la diète en protéines, lipides et glucides.

Les régimes riches en protéines

Pour l’Anses une consommation élevée de protéines ne présente pas «de risque avéré» sur les fonctions rénale et hépatique, selon le texte, «à condition que le candidat à l’amaigrissement n’ait pas d’insuffisance rénale déjà déclarée». Cependant, il souligne que les régimes riches en lipides et pauvres en glucides peuvent amener «divers effets secondaires mineurs» (mauvaise haleine, soif, diarrhée, constipation et nausées ou vomissements).

Les régimes hyperprotéinés apportent également un excès de sel (sodium), «ce qui représente un facteur majeur d'élévation de la pression artérielle et un facteur de risque de maladies cardiovasculaires (accident vasculaire cérébral, cardiopathie ischémique)».

Les régimes pauvres en glucides

Les régimes «à faible apport de glucides complexes sont pauvres en fibres». Or, les fibres alimentaires protègeraient du cancer colorectal. Ces régimes représentent donc «un facteur de risque» pour ce type de cancer, «s’ils sont suivis au long court».

Régimes pauvres en lipides

Les effets de régimes très ou modérément hypolipidiques sur la régression de l’athérosclérose ont été montrés. Mais, ils présentent des effets négatifs pour le système cardio-vasculaire: ce type de régime entraîne une élévation des triglycérides et une baisse du cholestérol HDL. Or, le rapport triglycérides/cholestérol HDL est de plus en plus considéré comme un marqueur pertinent et prédictif du risque coronarien. De plus, la réduction des apports lipidiques «s’avère délétère pour le capital osseux».

Les régimes «détox» ou jeûnes

Les jeûnes, qui n’ont pas d’intérêt pour obtenir une perte durable de poids, «altèrent profondément la masse maigre et engendrent un risque élevé d’hypokaliémie et de mort subite en cas d’usage prolongé», indique le rapport. De plus, ils «peuvent induire de façon aiguë des accidents avec mort subite, par troubles du rythme cardiaque» et, lorsqu’ils sont associés à une activité physique, ils «peuvent entraîner des risques de malaise de type vagal, hypoglycémique».

Au niveau hépatique, rénal et digestif, ces diètes à très faible apport calorique peuvent provoquer inflammations, fibroses et calculs biliaires.