Femmes victimes de violences: Les signes qui doivent alerter l'entourage, l'attitude à avoir

CONSEILS Qu'est-ce qui doit vous inquiéter? Que faire si vous pensez qu'une de vos proches est violentée?...

Julien Ménielle

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Une femme victime de violences.
Une femme victime de violences. — MARTTILA/LEHTIKUVA OY/SIPA

Le nombre de femmes âgées de 18 à 75 ans violentées est passé de 636.000 à 654.000 entre 2008 et 2009. Et ce malgré le fait que les violences faites aux femmes aient été décretées grande cause nationale 2010. Comment agir au niveau individuel pour protéger les femmes de son entourage? Quels signes doivent alerter? Que faut-il faire quand on craint qu’une proche soit victime de violence? 20minutes.fr vous conseille.

Les signes à repérer

Que la violence ait été ponctuelle ou qu’elle ait toujours cours, on note chez les victimes un changement de comportement. «Elles sont déprimées, bien sûr, mais pas seulement», explique à 20minutes.fr le Dr Muriel Salmona, psychiatre spécialisée en psychotraumatologie et présidente de l'association Mémoire traumatique et victimologie.

Les femmes victimes de violence semblent craindre un danger en permanence et se montrent souvent très anxieuses. «Elles peuvent avoir des crises de paniques dans certaines situations qui peuvent être sans danger, mais qui réveillent la mémoire traumatique», explique-t-elle. Des situations parfois anodines que la victime va ensuite chercher à éviter, avec au final un repli sur soi.

Elles peuvent également adopter des «conduites paradoxales à risques», ajoute la spécialiste. Une mise en danger volontaire qui peut s’accompagner de tentatives de suicides, d’automutilations et de conduites addictives (drogues, alcool, jeu, sexe) ou de troubles de l’alimentation.

L’attitude à avoir

«Parler à quelqu’un de bienveillant change tout», affirme Muriel Salmona. Pas de réticence à avoir, il convient d’aborder franchement le sujet au moindre doute. Suivant l’âge de la victime, elle conseille des phrases simples comme : «quelqu’un t’a fait du mal?» ou «tu as déjà vécu des violences?»

Il s’agit ensuite de rassurer la victime: les troubles psychotraumatiques sont normaux, et ne doivent pas être vécus comme une faiblesse. Reste encore à la convaincre d’agir. «Les femmes victimes de violences sont anesthésiées émotionnellement», explique Muriel Salmona. Elles sont comme «déconnectées» et si elles ont conscience intellectuellement de ce qu’elles vivent, elles laisse parfois croire que «ce n’est pas si grave».

La psychiatre indique plusieurs arguments à avancer: L’autre n’a pas le droit de lui faire ça, la situation est grave même s’il est normal qu’elle ne le réalise pas, et elle a le droit de porter plainte. «Il faut leur faire réaliser que les mises en scènes du violent visant à les culpabiliser sont des mensonges», conseille Muriel Salmona.

Pour aider la victime à prendre du recul, la spécialiste explique qu’on peut la placer en position de juger la situation d’un point de vue extérieur avec des questions comme: «Toi tu ferais ça?» ou «si quelqu’un  te racontait qu’on lui a fait ça, qu’en penserais-tu?»

Si la victime est réticente à agir, la psychiatre affirme qu’on peut dénoncer les violences à sa place. En 2009, 140 femmes sont mortes sous les coups de leur compagnon. «Il faut les protéger», plaide Muriel Salmona, même si elle précise qu’«il reste préférable de remporter leur adhésion».