Un collectif anonyme de policiers dénonce la politique gouvernementale

POLICE Politique du chiffre et discours sur la sécurité...

O.R. avec Reuters

— 

Le corps sans vie d'un médecin généraliste de 69 ans a été découvert, ligoté, mardi après-midi par une patiente dans son cabinet qui avait été fouillé, dans le 3è arrondissement de Lyon, indique mercredi le quotidien Le Progrès.
Le corps sans vie d'un médecin généraliste de 69 ans a été découvert, ligoté, mardi après-midi par une patiente dans son cabinet qui avait été fouillé, dans le 3è arrondissement de Lyon, indique mercredi le quotidien Le Progrès. — afp.com

Ils ont rompu leur devoir de réserve. Des policiers français ont récemment mis en ligne une série de trois vidéos pour dénoncer la politique du chiffre voulue par le gouvernement et le discours officiel sur la sécurité. Le collectif, dénommé FPC, promet de nouvelles «révélations» au mois de décembre.

Contactée par 20minutes.fr, la préfecture de police de Paris indique que l'Inspection générale des services n'a pas été saisie mais que des enquêtes internes sont en cours. Selon leur issue, les policiers risquent le conseil de discipline. 

 

Europe 1 précise que des locaux auraient été identifiés par un officier parisien, ainsi qu’un des policiers témoignant dans la vidéo. Ce dernier aurait reconnu les faits de façon informelle et une procédure devrait prochainement être ouverte.

Rappel sur le respect du devoir de réserve

Le ministère de l'Intérieur a mis en garde ces derniers mois les policiers sur le nécessaire respect du devoir de réserve sur les sites sociaux. Sur les vidéos mises en ligne sur Youtube, le collectif FPC affirme que le devoir de réserve n'est qu'une règle coutumière interne, et non une obligation statutaire. «Pour un policier, le devoir de réserve n'est pas une obligation de se taire», écrit-il.

Sur les vidéos, des policiers filmés de dos et portant des perruques dénoncent l'explosion du nombre de gardes à vue, les arrangements avec les statistiques de l'insécurité ou les suicides dans la police.

S'appuyant sur des exemples concrets, ils déplorent «les interpellations à tour de bras» ou le harcèlement des automobilistes en vue de les verbaliser «alors qu'auparavant, une petite remontrance suffisait».

Discours décalés de la réalité du terrain

Cette politique découle, selon eux, de la volonté de Nicolas Sarkozy de rétribuer la hiérarchie policière au mérite pour obtenir de meilleurs résultats contre l'insécurité.

«Les discours politiques, je pense que ces gens-là ne doivent pas voir la réalité du terrain», explique un policier du collectif. «On se sert de la police pour se faire élire», ajoute-t-il, visant sans le nommer le chef de l'Etat.