Le supérieur fait la cour aux étrangers

Delphine bancaud

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Les établissements supérieurs français n'accueillent que 265 000 étudiants étrangers.
Les établissements supérieurs français n'accueillent que 265 000 étudiants étrangers. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Capter le plus d'étudiants possible. L'objectif des facs et des écoles qui seront présentes demain, à Paris, au Salon européen de l'Education, est clair. Mais dans un univers toujours plus concurrentiel, elles ne peuvent plus se contenter de séduire les jeunes Français et doivent aussi se tourner vers l'étranger. L'enjeu est de taille, car le nombre d'étudiants dans le monde devrait passer de 100 millions en 2000 à 200 millions en 2015. Plus de la moitié de cette hausse étant prévue en Inde et en Chine. Or pour l'heure, les établissements supérieurs français n'accueillent que 265 000 étudiants étrangers.

Des objectifs ambitieux
Consciente du retard à combler dans ce domaine, la Conférence des grandes écoles (CGE) a proposé en avril de tripler le nombre d'étudiants étrangers accueillis dans les établissements supérieurs français d'ici à 2020. Pour parvenir à cet objectif, les grandes écoles ont adopté une stratégie tous azimuts : « Depuis cinq ans, nous avons développé les facteurs d'attractivité que constituent les doubles diplômes [possibilité pour un étranger d'obtenir un diplôme en France et dans son pays] et les programmes de formation tout en anglais », explique Pascal Codron, responsable de la commission relations internationales à la CGE. Certaines écoles ont aussi choisi de s'implanter à l'étranger pour améliorer leur notoriété hors de nos frontières, à l'instar de l'Essec à Singapour ou de Centrale en Chine. Et beaucoup d'entre elles possèdent des bureaux de recrutement dans de nombreux pays, chargés de courtiser les étudiants désireux de s'expatrier.
L'entrain est similaire du côté des facs, qui accueillent déjà plus de 15 % d'étudiants étrangers. « Notre objectif désormais est de capter des étudiants en doctorat, en développant notre coopération avec des laboratoires d'universités étrangères, explique Simone Bonnafous, vice-présidente de la Conférence des présidents d'université. Nous souhaitons aussi diversifier les origines géographiques des étudiants étrangers, car actuellement, 44 % d'entre eux sont africains. Nous aimerions ainsi accueillir davantage d'Européens et d'Américains. » Pour ce faire, les universités devraient encore développer leurs programmes d'échanges avec des facs étrangères et participer à davantage de salons internationaux.
Mais pour être réellement attractive aux yeux des étrangers, la France devra encore lever quelques obstacles : la CGE demande ainsi un assouplissement de la loi Toubon, qui limite les cours dispensés en langue étrangère, surtout dans les formations délivrant des diplômes nationaux. « Il nous faudra trouver suffisamment d'enseignants bilingues pour pouvoir développer les cours en anglais », ajoute Pascal Codron. La partie n'est donc pas encore gagnée.