Ado tué à Marseille: la violence adolescente pointée du doigt

REPORTAGE En août dernier, à Marseille déjà, un délinquant de 16 ans avait été écroué pour meurtre...

A Marseille, Frédéric Legrand et Hanifa Charif

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Dans la cité du Clos à la rose, à Marseille, le 21 novembre 2010, une personne se recueille après la mort d'un jeune de 16 ans deux jours plus tôt.
Dans la cité du Clos à la rose, à Marseille, le 21 novembre 2010, une personne se recueille après la mort d'un jeune de 16 ans deux jours plus tôt. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Écrite à la main, une petite carte accrochée à l’un des seize bouquets de fleur posées au pied de l’immeuble. «Michou, tu étais beau et rigolo, nous ne t’oublierons jamais». Une autre est signée «Ta chérie du primaire». Une maman étouffe un sanglot en découvrant le nom de la victime.

Revenant du marché, un père de famille s’interroge: «C’est un peu notre responsabilité aussi. Les enfants, on ne devrait pas les laisser traîner dehors le soir ou revenir à la maison avec des choses qu’ils ne devraient pas pouvoir se payer.» Dimanche matin, dans la cité du Clos de la Rose (13e), les habitants se recueillaient en passant devant l’endroit où Jean-Michel, 16 ans, a été abattu vendredi vers 22h de sept balles de Kalachnikov, par un commando d’une demi-douzaine d’hommes cagoulés.

Un enfant de 11 ans blessé

Le parquet de Marseille se refuse à privilégier un mobile, mais souligne que le meurtre «a pour fond le trafic de drogue». Selon des sources proches de l’enquête, la victime participait à un plan de vente de drogue dans la cité. Une version démentie par son oncle, qui assure que Jean-Michel «n’était pas un délinquant».

Surgis dans deux voitures de sport, les agresseurs ont fait feu durant trois minutes à l’arme automatique, poursuivant leur victime qui tentait de s’enfuir. Dans la fusillade, un enfant de 11 ans extérieur à la cité a été grièvement blessé au cou. Hospitalisé, il est hors de danger.

Le 24 août dernier déjà...

À la jeunesse des victimes a répondu celle d’un des auteurs présumés d’un autre règlement de comptes. Le 24 août dernier à la Cayolle (9e), en plein après-midi, deux hommes de 29 et 31 ans étaient abattus de 17 balles dans leur Porsche Cayenne.

LCI et Rue 89 ont révélé dimanche que l’un des deux auteurs présumés des faits, écroué aux Baumettes depuis plusieurs semaines, est âgé de seulement 16 ans, une première dans les annales judiciaires de Marseille. L’âge de tuer et de mourir aujourd’hui dans la Cité phocéenne.