Face au froid qui pointe, des SDF allient débrouille et aide associative

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Foyers, parkings ou locaux à poubelles: des SDF parisiens, qui ont encore à l'esprit l'hiver rude de l'an passé, conjuguent débrouille et aide des associations pour dormir au chaud la nuit et se préparer à l'arrivée de la première vague de froid, annoncée cette semaine.
Foyers, parkings ou locaux à poubelles: des SDF parisiens, qui ont encore à l'esprit l'hiver rude de l'an passé, conjuguent débrouille et aide des associations pour dormir au chaud la nuit et se préparer à l'arrivée de la première vague de froid, annoncée cette semaine. — Bertrand Langlois afp.com

Foyers, parkings ou locaux à poubelles: des SDF parisiens, qui ont encore à l'esprit l'hiver rude de l'an passé, conjuguent débrouille et aide des associations pour dormir au chaud la nuit et se préparer à l'arrivée de la première vague de froid, annoncée cette semaine.

Installé sur un petit bloc de béton, près des loueurs de voitures de la gare de Lyon, Alain Dos Santos Ferreira, 54 ans, fume une cigarette en devisant avec un homme rencontré dans la rue. Ce soir, il dormira à l'abri, dans le foyer d'une association humanitaire du Val-de-Marne ou il se rend régulièrement.

"Moi, cela fait près de trente ans que je vis dehors. Alors, vous savez, j'ai l'habitude du froid. Je dors au foyer ou dans le local à poubelles d'un immeuble ou encore dans un parking. C'est bien chauffé", explique le quinquagénaire à la barbe hirsute, emmitouflé dans un blouson de cuir fatigué.

A quelques centaines de mètres, sur la place Henri-Fresnay, un groupe de Roumains discute en regardant les voyageurs aller et venir dans la gare. Maria, 49 ans, vit à cet endroit depuis deux mois. "Je suis venue en France pour trouver du travail mais peu de temps après mon arrivée, je me suis fait voler mon argent et des documents. Il me restait heureusement mon passeport et ma valise", raconte-t-elle en italien.

Cette brune longiligne aux traits tirés, qui travaillait précédemment à Rome avant de perdre son emploi, explique faire appel de temps à autre au Samu social. "Mais parfois, quand j'appelle, ils me disent qu'il n'y a plus de place. Alors je dors dehors, sur des cartons", déplore-t-elle.

D'autres sans-logis, ont choisi de s'établir au Bois de Vincennes, malgré l'évacuation vendredi pour raisons sanitaires de 18 adultes "sans droit ni titre" par le préfecture de police et la préfecture de Paris. Dans la journée de samedi, un campement de fortune, fait de baraquements et de tentes, poussait à proximité du parc floral et du château.

Au vu et au su des badauds et des joggeurs, certains improvisaient un feu de bois, d'autres fabriquaient une toiture avec des branches d'arbres et des matelas, pendant que leur progéniture jouait avec des bâtons en aluminium.

Un peu plus loin, à l'abri des regards, trois SDF ont planté leur tente au milieu des arbres et laissent le soin à leurs chiens de monter la garde. "Le froid, ça m'est égal parce que je serai dans un foyer quand il arrivera", nous répond une femme en nous demandant gentiment de partir.

Le refuge de l'association La mie de pain, dans le XIIIe arrondissement, avec ses 432 lits et ses 500 repas quotidiens, fait partie des lieux d'accueil de personnes sans-abri. Chaque soir, à partir de 17H00, ils défilent devant le bâtiment de la rue Charles-Fourier.

Il est 18H15 mais Akli, 63 ans, attend dehors. Assis sur un banc, une grande valise cadenassée à ses côtés, il observe les passants. "C'est mieux que de regarder la télé. Je préfère rester un peu là, j'irai au foyer plus tard", explique cet Algérien d'origine qui n'a pas souhaité donner son nom.

Rencontré près de la gare de l'Est, Bernard, 39 ans, ne connaît pas encore ce genre de lieu mais s'apprête à en faire l'expérience. A la rue depuis quinze jours après avoir été "victime d'une crasse incroyable", cet ancien enseignant en arts plastiques, qui s'exprime avec une pointe d'accent wallon, aimerait avant tout "trouver un emploi" et dans l'immédiat... "un endroit pour faire réparer (son) sac à dos".