«La brèche est ouverte» sur le préservatif, pour Chrétiens et sida

RELIGION Pour le responsable de cette association, la capote doit «être utilisée»...

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La position de Benoît XVI admettant l'usage du préservatif "dans certains cas" est "une brèche ouverte", mais elle s'inscrit "dans la continuité", selon des réactions françaises dimanche aux déclarations du pape, alors que les associations anti-sida restent très réservées.
La position de Benoît XVI admettant l'usage du préservatif "dans certains cas" est "une brèche ouverte", mais elle s'inscrit "dans la continuité", selon des réactions françaises dimanche aux déclarations du pape, alors que les associations anti-sida restent très réservées. — Alberto Pizzoli afp.com

«La brèche est ouverte», s'est félicité dimanche un responsable de l'association Chrétiens et sida, Gérard Guérin, après que le pape Benoît XVI a admis l'utilisation du préservatif «dans certains cas» afin de «réduire les risques de contamination». «Ce qu'il dit, je l'assume totalement. Le préservatif doit permettre d'arrêter le virus. Il est non seulement utilisable mais il doit être utilisé», selon Gérard Guérin, joint par téléphone par l'AFP.

A l'annonce de la position du pape, dans un livre à paraître mardi, «il y a eu un moment de surprise», reconnaît Gérard Guérin, mais «ce pape nous scie, nous étonne à certains moments». La déclaration de Benoît XVI «est un soulagement, encore que beaucoup d'évêques, notamment d'évêques français, étaient favorables à l'utilisation du préservatif», a-t-il poursuivi.

Libérateur pour les Antillais et les Africains

«On est heureux parce que cela va permettre la libération de certaines personnes qui auraient pu avoir des doutes. Je pense qu'il y avait encore des gens qui écoutaient ce discours (ndlr: de refus du préservatif) ou qui étaient terriblement culpabilisés quand ils l'utilisaient, selon Gérard Guérin. Je pense qu'effectivement ça va permettre une sexualité plus épanouie, déculpabilisée». «Ce message risque d'être extraordinairement libérateur pour les Antillais et les Africains», a-t-il notamment relevé.

L'association Chrétiens et sida, dont les membres sont aussi bien des laïcs que des membres du clergé, a été fondée dans les années 1990 «pour qu'il y ait une parole différente de l'Eglise» sur l'épidémie.