La liberté d'expression sera le thème des "Journées nationales prison"

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La liberté d'expression des détenus sera le thème des 17èmes "Journées nationales prison", organisées du 22 au 28 novembre par le Groupe National de Concertation Prison (GNCP).
La liberté d'expression des détenus sera le thème des 17èmes "Journées nationales prison", organisées du 22 au 28 novembre par le Groupe National de Concertation Prison (GNCP). — Miguel Medina afp.com

La liberté d'expression des détenus sera le thème des 17èmes "Journées nationales prison", organisées du 22 au 28 novembre par le Groupe National de Concertation Prison (GNCP).

Absence de droit d'association, difficultés pratiques à mettre en oeuvre le droit de vote, limitation des correspondances écrites et téléphoniques, interdiction de signer des pétitions: la liberté d'expression "fait parfois pâle figure derrière les murs" des prisons, constate le GNCP.

Ce groupe, qui rassemble des associations telles que Croix Rouge, Cimade, Secours Catholique ou les aumôneries catholique, musulmane et protestante, a intitulé ces journées, au cours desquelles sont organisés des débats à Paris et en régions, "Prison: la dernière grande muette?".

Cette situation "annihile un peu l'individu", estime Didier Piard, directeur de l'action sociale à la Croix Rouge. Pourtant, "tout ce qui peut maintenir du lien - social, familial - contribue à faire de la prison autre chose qu'un lieu où on est sanctionné pour une peine, pour que ce temps-là ne soit pas du temps perdu, vide", souligne-t-il auprès de l'AFP.

"Cette absence de prise de parole mène parfois à des conflits très violents. Une bonne partie de ces incidents auraient pu être évités si des espaces de parole avait été aménagés", estime le GNCP. Selon ses chiffres, seul un peu plus de 2.700 détenus (sur plus de 60.000) ont voté lors de la dernière élection présidentielle.

Dans son dernier rapport annuel, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, constatait que les détenus ne participaient pas à la prise de décision des associations socio-culturelles et sportives, alors qu'ils en sont adhérents.

Il notait que les journaux internes ne reflétaient pas "l'expression d'une parole libre", avec une exception, celui de la maison centrale de Poissy, entièrement réalisé par les détenus.

"De timides progrès ont été posés à l'état de principe" par la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009, souligne le GNCP.

Cette loi prévoit par exemple une consultation des détenus par l'Administration Pénitentiaire (AP) sur les activités qui leur sont proposées, leur reconnait "le droit de téléphoner aux membres de leur famille" et leur permet, pour faciliter l'exercice du vote par procuration, d'élire domicile auprès de l'établissement pénitentiaire.

L'AP a lancé une étude sur le droit d'expression collective des détenus, dont les conclusions ne sont pas encore disponibles.