Les musulmans de Marseille inquiets pour l'organisation de l'Aïd

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La communauté musulmane de Marseille s'inquiète de l'organisation de la fête de l'Aïd, qui débute mardi alors qu'un important site d'abattage rituel des moutons, utilisé depuis 20 ans dans la ville, ne fonctionnera pas.
La communauté musulmane de Marseille s'inquiète de l'organisation de la fête de l'Aïd, qui débute mardi alors qu'un important site d'abattage rituel des moutons, utilisé depuis 20 ans dans la ville, ne fonctionnera pas. — Olivier Laban-Mattei AFP/Archives

La communauté musulmane de Marseille s'inquiète de l'organisation de la fête de l'Aïd, qui débute mardi alors qu'un important site d'abattage rituel des moutons, utilisé depuis 20 ans dans la ville, ne fonctionnera pas.

Les anciens abattoirs de St Louis ont été, depuis plusieurs mois, au coeur d'un conflit entre la mairie et le Comité des chevillards marseillais, l'opérateur privé seul agréé pour exploiter le site. En 2008, les lieux avaient été déclarés insalubres et les bâtiments rasés pour leur dangerosité, mais l'abattage s'y était déroulé depuis sous des chapiteaux.

Le site étant voué à accueillir, à terme, la future grande mosquée de Marseille, la mairie avait annoncé avant l'été que la fête devrait désormais se dérouler ailleurs, avant de rouvrir le terrain à l'automne, le chantier de la mosquée ayant été décalé.

Mais aucun accord n'a pu être trouvé avec le CCM, chacun se rejetant la faute. "On leur donne un terrain gratuitement, on vote une subvention, on prend un certain nombre de prestations à notre charge: ils disent qu'ils ne s'en sortent pas, mais comment font les autres ?", a reproché au CCM Martine Vassal, adjointe au maire en charge de l'espace public.

La communauté musulmane de Marseille, estimée à plus de 200.000 personnes, fera donc avec un seul site d'abattage parmi les 12 prévus dans le département, selon une liste publiée lundi par la préfecture des Bouches-du-Rhône. Beaucoup achètent toutefois leur viande chez le boucher.

"Ce sera la panique puisqu'il n'y a pas de site pour remplacer celui des abattoirs de St Louis. Que va-t-il se passer pour les 2.000 agneaux qui y étaient sacrifiés, sachant que les autres sites du département sont déjà au maximum de leur capacité ?", redoute cependant Nasséra Benmarnia, directrice de l'association laïque "Union des familles musulmanes".

Elle anticipe "encore plus d'abattages clandestins que d'habitude" et déplore une perte commerciale: "On est sur une opération économique importante sur le département où les éleveurs, les transporteurs et les tanneurs ne sont ni des Arabes ni des musulmans". Selon elle, le chiffre d'affaires à St Louis avoisine 500.000 euros.

Au Conseil régional du culte musulman (CRCM), l'organisation de l'Aïd est aussi "une source d'inquiétude", mais on ne craint pas d'abattages clandestins massifs. "Les musulmans se sont organisés en se tournant vers les boucheries de proximité et vers des opérateurs dans d'autres départements comme le Var et le Vaucluse", estime Fatima Orsatelli, membre de l'institution.