La pauvreté frein à la scolarité

SOCIAL La Défenseure des enfants a rendu son rapport annuel ce lundi...

Delphine Bancaud

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Des collégiens dans une salle de classe.
Des collégiens dans une salle de classe. — LE MOINE MICHEL/SIPA

Un cri d’alarme sur la situation des enfants pauvres. La Défenseure des enfants, Dominique Versini, a rendu public ce lundi son rapport annuel qui souligne la précarité de 2 millions d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté. Une situation qui affecte notamment leur vie scolaire: «leurs cursus sont généralement plus courts que ceux des enfants des catégories dites favorisées et ils s’orientent bien souvent vers des filières technologiques ou professionnelles», constate Dominique Versini, qui rappelle aussi que 150 000 jeunes sortent du système éducatif chaque année sans qualification.

Un manque de mixité sociale

«Bien souvent les enfants pauvres ont des difficultés à se concentrer, car ils sont avant tout préoccupés par la survie de leur famille», explique la Défenseure des enfants, «ils ne bénéficient pas non plus de bonnes conditions pour faire leurs devoirs en rentrant chez eux». Le manque de mixité
sociale dans les établissements serait aussi un frein à leur ambition: «l’école n’apparaît plus pour eux comme un lieu d’ascension sociale», souligne-t-elle. Une méfiance renforcée par le choc culturel entre les élèves et les enseignants. «Ces derniers sont d’excellents transmetteurs de savoirs, mais n’ont pas été préparés à aborder les problématiques sociales de ces enfants», indique Dominique Versini, qui préconise qu’on ajoute des modules de sociologie à la formation des enseignants.

Autres suggestions de la Défenseure des enfants pour limiter le décrochage scolaire des plus pauvres: développer l’aide aux devoirs, les ateliers culturels, le tutorat des élèves par des étudiants et les relations parents-professeurs pour réhabiliter l’image de l’école. Un programme fort ambitieux...