Aux Etats-Unis, un hôpital indien marie médecine moderne et traditions ancestrales

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Niché au coeur des prairies et des bois sillonnés de ruisseaux, un nouvel hôpital a ouvert ses portes au pays des Chicachas, dans l'Oklahoma (sud), mariant les techniques les plus modernes de la médecine aux traditions indiennes ancestrales.
Niché au coeur des prairies et des bois sillonnés de ruisseaux, un nouvel hôpital a ouvert ses portes au pays des Chicachas, dans l'Oklahoma (sud), mariant les techniques les plus modernes de la médecine aux traditions indiennes ancestrales. — Art Gray AFP

Niché au coeur des prairies et des bois sillonnés de ruisseaux, un nouvel hôpital a ouvert ses portes au pays des Chicachas, dans l'Oklahoma (sud), mariant les techniques les plus modernes de la médecine aux traditions indiennes ancestrales.

Les concepteurs de ce centre hospitalier, le plus grand hôpital indien des Etats-Unis, sont partis du principe que la médecine d'aujourd'hui n'est pas qu'une affaire de médicaments et de perfusions mais que certains patients guérissent mieux dans un environnement qui célèbre leurs croyances et leur culture.

"Nous nous reposons sur la médecine moderne mais il y a des gens convaincus que la guérison de vient pas que du corps mais aussi de l'esprit", explique le gouverneur de la nation chicachas, Bill Anoatubby.

Un service d'urgences, 72 lits, un centre de traitement du diabète, une clinique dentaire ou encore un service d'imagerie médicale comprenant notamment un scanner composent l'hôpital.

Dans la culture chicacha, les liens sont très profonds avec la nature et avec la famille. Aussi l'hôpital a-t-il été construit afin de réserver un espace calme en plein air pour des cérémonies de guérison auxquelles peuvent assister des visiteurs en grand nombre.

De très larges fenêtres permettent de se passer de lumière électrique les jours de beau temps et s'ouvrent sur 93 hectares de paisibles étendues vertes et de ciel que les patients voient depuis leurs lits.

"Ca remonte le moral, on ne se sent pas prisonnier dans une cage", assure Larry Speck, un des architectes du site.

Le centre hospitalier est ouvert à toutes les tribus indiennes et a été conçu pour accueillir également d'autres pratiques et traditions.

Construit sur le site d'un ancien hôpital, le centre offre aux populations indiennes en général laissées pour compte, le matériel le plus sophistiqué.

Il a été financé par les revenus des casinos avoisinants et d'entreprises, notamment des usines de chocolat, à hauteur de 145 millions de dollars. Le Bureau des Affaires indiennes a pris en charge de son côté la rémunération des personnels.

"Le site est très calme et tranquille, il y a des patients qui réclament de rester un jour supplémentaire, ça n'arrivait pas avant", explique Judy Parker, directrice de l'hôpital.

La culture Chicacha est présente partout. Les sols et les plafonds rythmés de figures géométriques en diamant font écho à un collier en perles exposé à l'entrée de l'hôpital. Des dômes gracieux, fabriqués sur le modèle des traditionnels paniers de bois, marquent les entrées tandis que la chaux et des panneaux de cuivre, tous deux de provenance locale, rappellent l'ancrage de l'endroit dans la terre.

Des oeuvres d'art chicacha parsèment les murs. Dans le couloir conduisant à la salle d'attente en chirurgie, des portraits des ancêtres réalisés par le célèbre artiste indien Mike Larsen. L'un d'entre eux représente Pearl Carter Scott, le plus jeune Américain à avoir obtenu sa licence de pilote en 1928, alors qu'il avait 13 ans.

"La plupart des gens qui viennent ici connaissent ces gens", explique Debbie Jackson, directrice des relations clientèles. "Ces oeuvres et objets d'artisanat donnent un sentiment de confort aux gens", ajoute-t-elle.