Affaire Omar Raddad: un sosie pour relancer le dossier?

FAITS-DIVERS Un détective privé a identifié un homme qui gravitait autour de la victime, et qui n'a jamais été interrogé par les enquêteurs...

B.D.

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Omar Raddad, qui réclame une révision de sa condamnation en 1994 pour le meurtre de Ghislaine Marchal en 1991, a été reçu lundi au ministère de la Justice par un conseiller de la garde des Sceaux Rachida Dati, un entretien à l'issue duquel il a dit avoir "des espoirs".
Omar Raddad, qui réclame une révision de sa condamnation en 1994 pour le meurtre de Ghislaine Marchal en 1991, a été reçu lundi au ministère de la Justice par un conseiller de la garde des Sceaux Rachida Dati, un entretien à l'issue duquel il a dit avoir "des espoirs". — Mehdi Fedouach AFP

Un rebondissement digne d’un feuilleton policier. Un détective privé aurait remonté la piste d’un sosie d’Omar Raddad auquel les enquêteurs ne se sont jamais intéressés, et qui pourrait avoir quelque chose à voir avec la mort de Ghislaine Marchal en 1991.

Bernard Narenjo a en effet réussi à identifier un homme, qui gravitait autour de la victime mais dont l'existence a été cachée aux enquêteurs. Selon lui, il ressemble beaucoup au jardinier marocain: même couleur de cheveux et d’yeux, même moustache, même taille, même corpulence.

L’amant «soigneusement caché»

«Dans le proche entourage de Mme Marchal, une femme avait trois amants: deux "officiels", entendus par les enquêteurs et mis hors de cause, et un autre, soigneusement caché par sa maîtresse. Ce dernier n'est jamais apparu dans le dossier, n'a jamais été interrogé, explique Bernard Narenjo dans Nice Matin. Cette piste d’une possible confusion entre cet individu et Omar Raddad par la victime doit absolument être explorée.»

Le détective privé, qui déjà à l’époque avait livré l'arme du crime aux enquêteurs, a fait une déposition, documents et photos à l’appui, le 5 septembre dernier à la gendarmerie de Saint-Tropez, dans le Var. Elle a ensuite été transmise au parquet de Grasse, dans les Alpes-Maritimes, qui doit se prononcer sur ce dossier.

S’il juge qu'il y a assez d'éléments nouveaux, un juge de l'instruction pourrait être nommé, et l’affaire être relancée. Selon Le Parisien, le parquet de Grasse aurait ouvert une enquête «pour vérifications», mais il «ne communique pas» sur le dossier, et l’information n’a donc pas été confirmée.

ADN

En parallèle, l’avocate d’Omar Raddad, Sylvie Noachovitch, a demandé en août dernier l'ouverture d'une information judiciaire pour comparer les ADN masculins mêlés au sang de Ghislaine Marchal au fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg).

En cas de résultats probants, elle pourrait saisir la Commission de révision et un nouveau procès pourrait éventuellement avoir lieu. En effet, s’il a bénéficié d’une libération conditionnelle en 1998 après une grâce présidentielle partielle de Jacques Chirac, Omar Raddad désire toujours être totalement réhabilité.