Le PS a la tête à la présidentielle

Matthieu Goar

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Pendant tout le week-end, alors que les tractations agitaient les couloirs de l'Elysée, le Parti socialiste a hésité entre ironie et sourires de satisfaction. « C'est François Fillon qui est sorti vainqueur de ce “Loft Story” qui dure depuis cinq mois », a ainsi lâché Bruno Le Roux, député PS et porte-parole du groupe à l'Assemblée. « Après des mois d'insoutenable suspense, le président de la République a encore surpris tout le monde en nommant Nicolas Sarkozy [sic] chef du gouvernement », a de son côté écrit le sénateur David Assouline sur son compte Twitter.
Les socialistes ont beau ironiser sur ce remaniement sans fin et cet automne des petites rumeurs, le grand ménage gouvernemental est tombé à point nommé pour eux. A nouveau plongés dans une bataille intestine autour du texte de la convention sur le thème de l'« Egalité réelle », les cadres du PS ont, à la faveur de ce remaniement, refait leur unité. « On se retrouve après des mois de tergiversations avec le même Premier ministre alors qu'il a laissé une facture et un bilan très lourds pour les Français en termes de pouvoir d'achat, d'emploi, de logement et d'inégalités », détaille Benoît Hamon, porte-parole du PS. « On devrait avoir un petit peu plus le sens du respect des Français parce que les ministres […] ont la tête ailleurs depuis des mois au lieu d'être concentrés sur les problèmes de la France », a renchéri Jean-Marc Ayrault, porte-parole du groupe à l'Assemblée.
Après ce remaniement dans la continuité, l'aile gauche comme l'aile droite du parti veulent maintenant démontrer que Sarkozy a beau remanier, il ne changera pas de politique pour autant. Et laisse une ouverture pour un projet alternatif. « Finalement, moi je suis plutôt content que François Fillon soit reconduit. Ça montre que Nicolas Sarkozy n'a aucune alternative politique et que la seule solution pour le changement est l'alternance dans les urnes », analyse Bruno Le Roux. A condition que le PS s'unifie d'ici là autour d'un projet.

Aubry se projette

Dans les minutes qui ont suivi l'annonce du remaniement, la première secrétaire du PS est apparue, l'air grave. « Ce soir, je fais le même constat, je pense, comme tous les Français : “Tout ça pour ça”. Ils n'ont pas été entendus et le président Nicolas Sarkozy a reconduit le même Premier ministre pour mener la même politique », a estimé la patronne des socialistes en direct sur iTélé. Aubry espère maintenant que les électeurs s'exprimeront dans les urnes. « Le vrai changement aura lieu par leur vote en 2012.»