Paris la nuit: comment faire cohabiter fêtards, travailleurs et dormeurs ?

SOCIETE Les premiers Etats généraux de la nuit à Paris ont lieu vendredi et samedi...

© 2010 AFP

— 

Paris va recourir à des mimes dès le printemps prochain pour exhorter, de façon douce et ludique, les fêtards à baisser d'un ton aux abords des établissements de nuit, a annoncé vendredi à l'AFP Mao Peninou, adjoint au maire et organisateur des Etats généraux des nuits parisiennes.
Paris va recourir à des mimes dès le printemps prochain pour exhorter, de façon douce et ludique, les fêtards à baisser d'un ton aux abords des établissements de nuit, a annoncé vendredi à l'AFP Mao Peninou, adjoint au maire et organisateur des Etats généraux des nuits parisiennes. — Patrick Kovarik AFP/Archives

Les premiers Etats généraux de la nuit à Paris, organisés vendredi et samedi à l'initiative de la mairie, vont tenter d'avancer sur ce sujet devenu sensible dans la capitale. Il s’agit de trouver une solution pour réussir à faire cohabiter harmonieusement les noctambules, les travailleurs de la nuit et les dormeurs.

La ville Lumière est-elle devenue «la capitale européenne du sommeil» ? Interpellée l'an dernier par le collectif  «Quand la nuit meurt en silence», la mairie de Paris propose d'ouvrir le débat dans sa globalité: le fonctionnement en bonne intelligence d'une ville, la nuit.

«Il y a des gens qui ont besoin de la nuit pour dormir, d'autres qui veulent utiliser la nuit pour faire la fête, tandis que des gens travaillent tout simplement la nuit. Il ne s'agit pas d'opposer les légitimités les unes aux autres. Il s'agit d'organiser le vivre ensemble de ces différentes nuits», a indiqué Mao Peninou, adjoint au maire de Paris, chargé du Bureau des temps et maître d'oeuvre de ces premiers Etats généraux des nuits parisiennes.

Pendant deux jours, en lien avec la préfecture de police et la région Ile-de-France, des débats, tables rondes et ateliers seront organisés dans les salons de l'hôtel de ville, avant un état des lieux dressé par le géographe Luc Gwiazdzinski.
«Longtemps, la nuit a été simplement le temps du repos social. Aujourd'hui, nous sommes dans la société du temps continu. Les conflits entre la ville qui dort, celle qui s'amuse et celle qui travaille, risquent de se multiplier si aucune véritable réflexion n'est menée pour penser la ville dans sa globalité», prévient-il.

45% des Parisiens travaillent encore après 20 heures

A Paris, plus de 45% des Parisiens travaillent encore après 20 heures. 25% d'entre eux travaillent toute la nuit, sans compter la clientèle des entreprises de nuit (théâtres, cinémas, bars, restaurants, discothèques...).
«En associant citoyens, conseillers de quartiers, acteurs de la nuit et institutions concernées, nous espérons que ces deux jours et une nuit de débats permettrons d'aboutir à des propositions pour mieux vivre à Paris la nuit. Une partie des travaux devraient éclairer la manière dont il faut gérer le jour», estime l'adjoint au maire Mao Peninou.

«En fonction des périodes de l'année ou de nos vies, on est successivement celui qui dort, qui fait la fête ou qui travaille la nuit. On ne veut pas créer de simples zones résidentielles comme c'est le cas en banlieue: on voit ce que cela donne», observe-t-il. La psychosociologue Catherine Espinasse, spécialiste des mobilités nocturnes, le philosophe Sébastien Marot, le président de SOS Racisme Dominique Sopo, le médecin urgentiste Patrick Pelloux qui évoquera les conditions de vie des travailleurs de nuit, participeront aux ateliers, ainsi que Bruno Blanckaert, président de la Chambre syndicale des cabarets et discothèques.