Le «cyberbullying», un type de harcèlement qui inquiète la Cnil

WEB La Commission a lancé une alerte sur le sujet...

Bérénice Dubuc

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Dans un bureau qui sent encore la peinture fraîche, les cyberdouaniers repèrent depuis leurs écrans d'ordinateurs les trafics de contrefaçons, de drogue et de tabac qui prolifèrent sur internet pour tenter d'y mettre fin au terme de longues enquêtes.
Dans un bureau qui sent encore la peinture fraîche, les cyberdouaniers repèrent depuis leurs écrans d'ordinateurs les trafics de contrefaçons, de drogue et de tabac qui prolifèrent sur internet pour tenter d'y mettre fin au terme de longues enquêtes. — Nigel Treblin AFP/DDP/Archives

Phoebe Prince avait 15 ans, était irlandaise et venait de s’installer dans le Massachusetts avec sa famille. Elle s’est suicidée le 14 janvier 2010, après avoir été victime de «cyberbullying» pendant de longs mois. C’est contre cette pratique que met en garde la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) sur son site Internet. Décryptage.

C’est quoi le «cyberbullying»?

Le terme vient de l’anglais «bully» (brutaliser, terroriser), et peut se traduire par «cyberharcèlement» ou «harcèlement virtuel». C’est une forme de harcèlement qui allie lui aussi moqueries et humiliations, mais à la différence du harcèlement «classique» des cours de récré, se fait via Internet, et souvent de façon anonyme.

Comment ça se passe?

Les menaces, les insultes, l'ostracisation, ou encore la diffusion de fausses rumeurs se font par mail, sur les réseaux sociaux, sur les forums, les messageries instantanées, les blogs, mais aussi via des appels ou des SMS sur le portable de la victime. Bien entendu, et comme dans le cas de Phoebe Prince, le cyberbullying peut également être couplé à du harcèlement dans le milieu scolaire – en classe, en cour de récréation…

«Le plus souvent, le harcèlement passe par la création d’un sujet de discussion, groupe ou page sur Facebook ou un autre réseau social, visant une personne. Sur cet espace dédié à un individu, des internautes vont venir insulter cette personne, explique la Cnil. Il se crée alors un véritable espace de défouloir».

Quel impact cela peut-il avoir sur la victime?

Comme tout harcèlement, les effets possibles sur la victime sont nombreux. Outre des problèmes scolaires (décrochage, absentéisme, …), les victimes peuvent perdre leur estime de soi, se désocialiser, être anxieuses, se renfermer sur elle-mêmes, avoir tendance à la dépression, voire des idées suicidaires, et même passer à l’acte, comme Phoebe Prince.

Ca ne se passe qu’entre ados?

La Cnil précise que ce phénomène touche les adolescents mais aussi les adultes, de plus en plus de professeurs en étant les victimes. Le cyberbullying touche aussi les plus jeunes, certains étant victimes de ces agissements dès l’école primaire.

Que peuvent faire les personnes qui en sont victime?

Sur les réseaux sociaux, forums et autres messageries instantanées, la première mesure à prendre est de bloquer le harceleur et de le signaler auprès des administrateurs du (des) site(s) concerné(s).
Juridiquement, il n’existe pas, comme aux Etats-Unis, d’infraction pour ce type de harcèlement. Les victimes peuvent donc porter plainte, mais devront se contenter d’une plainte pour harcèlement moral, diffamation, insulte ou usurpation d'identité.
La Cnil invite les victimes à se faire connaître pour les aider à effacer les traces et les encourage à porter plainte auprès du procureur de la République.