Pauvreté: «Il reste 46 euros pour nous nourrir»

SOCIAL Le Secours catholique aide de plus en plus les femmes...

Delphine Bancaud

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Vanessa Cola et ses deux enfants.
Vanessa Cola et ses deux enfants. — DR

«Si je n'avais pas mes deux enfants, j'aurais craqué depuis longtemps», confie d'emblée Vanessa Cola, 27 ans. Cette mère élève seule son fils de 5 ans et sa fille de 16 mois à Moutiers (Meurthe-et-Moselle). «La pauvreté? Il me semble l'avoir presque toujours connue, car avant la naissance de mon fils, j'ai même vécu dans une voiture. Puis j'ai obtenu un emploi de maître-chien, mais depuis que j'ai eu ma fille, impossible de retravailler car je n'ai personne pour garder mes enfants. Je dispose de 700 euros de ressources mensuelles (RSA plus allocations), mais une fois payées toutes mes charges, il ne me reste plus que 46 euros pour nous nourrir et nous vêtir.»

«Tout augmente, sauf mes revenus»

«J'habite dans un logement social, mais il est mal isolé et le chauffage est cassé. Dès que je demande des comptes au bailleur, il me dit que si je ne suis pas contente, je n'ai qu'à m'en aller. Avec la crise, j'ai encore plus l'impression de tirer le diable par la queue, car tout augmente, sauf mes revenus. Pour réussir à nourrir mes enfants, je tape à toutes les portes. Je bénéficie régulièrement de colis alimentaires de la part du Secours catholique, des Restos du cœur, de l'association Prendre un enfant par la main et du Secours populaire. Malgré cela, il m'arrive régulièrement de sauter un repas. Une fois, mon fils s'en est rendu compte et m'a proposé de partager son dîner. Ça m'a fait monter les larmes aux yeux. Impossible aussi de pouvoir offrir des loisirs à mes petits, hormis des balades à pied. Car ma voiture est cassée et je n'ai pas les moyens de la réparer. Difficile avec tout ça de garder de l'espoir. J'essaie de vivre au jour le jour, c'est déjà pas mal. »

Constat

Dans son rapport annuel paru aujourd'hui, le Secours catholique souligne la précarité croissante de certains Français. Les jeunes, les étrangers, les femmes et les chômeurs, sont de plus en plus nombreux à solliciter l'aide de l'association. Le rapport révèle aussi que 68% des dépenses de ces personnes sont incompressibles et qu'en raison de la faiblesse de leurs ressources, ils n'ont pas les moyens de s'en sortir. Pour faire face, ils sont donc obligés de faire appel à la solidarité.