Réforme des retraites: quelles nouvelles formes de mobilisation les syndicats vont-ils trouver?

SOCIAL Les manifestations ne rassemblent plus...

Oriane Raffin

— 

Quarante-huit heures après de nouvelles manifestations, moins suivies que précédemment - entre 375.000 personnes et 1,2 million, selon les sources -, les huit centrales syndicales (CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO, FSU, Solidaires et Unsa) se retrouvent au siège de la CGT à 18H00 pour fixer les modalités d'action d'un nouveau "rendez-vous" dans la semaine du 22 au 26 novembre.
Quarante-huit heures après de nouvelles manifestations, moins suivies que précédemment - entre 375.000 personnes et 1,2 million, selon les sources -, les huit centrales syndicales (CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO, FSU, Solidaires et Unsa) se retrouvent au siège de la CGT à 18H00 pour fixer les modalités d'action d'un nouveau "rendez-vous" dans la semaine du 22 au 26 novembre. — Miguel Medina AFP

«Le mécontentement ne s’est pas évaporé, mais les syndicats paraissent ne plus avoir de moyens d’action possibles», estime Stéphane Sirot, spécialiste des mouvements sociaux. Avec une nouvelle baisse d’affluence, samedi, lors de la journée de mobilisation contre la réforme des retraites, les syndicats font face à un essoufflement des troupes. Ce lundi, ils se réunissent pour décider des suites à donner au mouvement de contestation: ménager l’unité de l’intersyndicale mais continuer à protester. Avec peu de marge de manœuvre.

Pour Eric Aubin, de la CGT, «il s’est fait plein de choses depuis le début de la mobilisation». Notamment des débats dans les entreprises, des rassemblements, etc. Aujourd’hui, selon lui, les syndicats «ont besoin d’être imaginatifs». «Cet été, des banderoles ont été déployées sur des ponts ou par des avions. Tout cela permet de remettre le sujet sur le devant de la scène», explique-t-il, par exemple.

«Pas tellement de solutions possibles»

Stéphane Sirot estime pourtant qu’il n’y a «pas tellement de solutions possibles, surtout dans les circonstances actuelles, avec un gouvernement qui refuse de négocier et mise sur le pourrissement du mouvement».

«On sait que la loi va être promulguée, mais ça ne veut pas dire qu’on renonce. L’action syndicale, ce ne sont pas que des grandes manifestations», estime pourtant Jean-Louis Malys, secretaire national de la CFDT. Il imagine des rassemblements devant des lieux, des entreprises, des délégations reçues par les pouvoirs publics... «Tout peut se combiner, également avec des actions de sensibilisations, des distributions de tracts, des pétitions...». Et le tout également sur l’emploi, le pouvoir d’achat, etc.

«Pas le recul du gouvernement»

«Tracts, appel à opinion, ces méthodes ont comme efficacité de maintenir le soutien de la population mais ne provoqueront pas le recul du gouvernement», note néanmoins Stéphane Sirot.

«C’est surtout dans la durée qu’on peut faire bouger les choses», espère pourtant Eric Aubin. «De toutes façons, ils vont revenir sur la loi en 2013, en 2018... le plus tôt sera le mieux, on propose que ce soit dès maintenant.» «Rien n’est fini», estime aussi Jean-Louis Malys. Pour lui, il faut aussi penser à la prochaine élection présidentielle. «Même si à la CFDT, on ne prendra pas partie, on pèsera, pour un débat citoyen sur la question des inégalités, de la protection sociale, des retraites....».

D’ici là, les prochaines actions et la stratégie de l’intersyndicale seront définies lors de la rencontre de l’intersyndicale, ce lundi soir. Mais pour Stéphane Sirot, «L’idée des nouvelles formes d’actions c’est en fait une phrase qui signifie comment trouver un moyen de mettre un terme à la mobilisation».