Salariée voilée à la crèche: les prud'hommes se penchent sur l'affaire ce lundi

JUSTICE La jeune femme poursuit son ex-employeur pour licenciement abusif...

Bérénice Dubuc

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La crèche Baby Loup dans la cité Noé de Chanteloup-les-Vignes.
La crèche Baby Loup dans la cité Noé de Chanteloup-les-Vignes. — POUZET / 20 Minutes

Les prud'hommes de Mantes-la-Jolie examinent ce lundi le cas de l'employée de la crèche Baby Loup, une crèche associative de Chanteloup-les-Vignes dans les Yvelines, licenciée en 2008 pour port du voile. Après l'examen du dossier, le jugement doit être mis en délibéré, avant d’être rendu le 13 décembre.

Licenciée pour faute grave

En décembre 2008, Fatima Afif, éducatrice de la crèche, explique à son employeur qu'elle veut porter le voile sur son lieu de travail. La directrice de l'établissement lui signifie une fin de non-recevoir, s'appuyant sur le règlement intérieur, qui interdit le port de signes religieux dans la crèche au nom du principe de neutralité religieuse. Fatima Afif propose alors de négocier son départ contre 12.000 euros, ce que la directrice refuse, indique le JDD du 31 octobre.

Mise à pied, la salariée est licenciée pour faute grave le 19 décembre 2008. S'estimant victime d'un licenciement abusif, Fatima Afif saisit la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde), puis le conseil des prud'hommes. Elle réclame à son employeur quelque 80.000 euros de dommages et intérêts.

La Halde fait volte-face

Dans la salle du tribunal de Mantes-la-Jolie, ce lundi, Elisabeth Badinter, marraine de la crèche Baby Loup depuis deux ans, mais aussi Jeannette Bougrab, la présidente de la Halde, que la défense compte bien faire entendre comme témoin. En effet, si la Halde avait, dans une première délibération de mars 2008, rendu un avis favorable pour l'employée, estimant que son licenciement était «discriminatoire», l'actuelle présidente a rouvert le dossier.

Jeannette Bougrab a précisé par voie de communiqué que le cas en question était de nouveau à l'étude depuis le 13 octobre dernier, précisant: «comme toute décision administrative, elle [la première décision] peut faire l'objet d'un recours gracieux.» Le réexamen a été décidé, indique la présidente, à la lumière d'«un principe fondamental de notre République qui est la laïcité».

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