Retraites: une 8e journée d'action qui ne mobilise pas les foules

SOCIAL Les syndicats l'ont eux-même reconnu...

C. F. avec Reuters

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A Paris, dans la manifestation contre la réforme des retraites le 6 novembre 2010.
A Paris, dans la manifestation contre la réforme des retraites le 6 novembre 2010. — AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA

Sans surprise, la huitième journée de mobilisation contre la réforme des retraites a été marquée par un net reflux ce samedi. La CGT a reconnu que les cortèges n'avaient réuni qu'1,2 million de personnes, la police avançant un chiffre de 375.000.

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Rien de comparable avec les précédentes journées, qui avaient réuni jusqu'à 3,5 millions de personnes selon les organisateurs et 1,2 million selon la police.

«Il est normal qu'il y ait une mobilisation légèrement inférieure, compte tenu du fait que la loi a été votée», a reconnu le secrétaire général de la CFDT François Chérèque à la presse peu avant le départ de la manifestation parisienne.

La CGT reste mobilisée sur les retraites

Son homologue de la CGT, Bernard Thibault, présent dans un cortège parisien copieusement arrosé par la pluie, n'a en revanche pas paru découragé par la baisse de la participation. «Il n'est pas aberrant qu'il y ait dans une séquence de long combat du flux et du reflux», a-t-il dit tout en soulignant que la mobilisation avait été exceptionnellement longue.

«C'est jusqu'au bout, c'est jusqu'à obtenir des négociations pour d'autres mesures pour l'avenir de nos retraites», a-t-il expliqué. «Nous allons tout faire pour empêcher ces nouvelles mesures d'entrer en application.»

L'élargissement des revendications

Il a été appuyé en cela par le premier secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry qui, à Lille, a une nouvelle fois exhorté Nicolas Sarkozy à ne pas promulguer la loi qui reporte de 60 à 62 ans l'âge légal de départ à la retraite. «Nous ne pouvons nous y résoudre et, jusqu'au bout, les socialistes seront avec les Français et avec les syndicats», a-t-elle déclaré en parlant elle aussi d'aller «jusqu'au bout».

Conscients, toutefois, du reflux de la mobilisation, les syndicats élargissent leurs revendications aux problèmes d'emploi et de salaires et veulent négocier directement avec le patronat, une requête appuyée par le gouvernement lui-même.

Le spectre de la division

Mais la division de l'intersyndicale est évidente entre les centrales qui veulent privilégier les négociations sur l'emploi ou les salaires et celles qui continuent à demander le retrait pur et simple de la loi sur les retraites.

La forme que prendra la prochaine journée de mobilisation annoncée pour la fin novembre reste donc floue et les dirigeants syndicaux auront fort à faire pour trouver un terrain d'entente lors de la réunion de l'intersyndicale de lundi prochain.