Réforme des retraites: la der des der samedi?

SOCIAL Les syndicats vont être attentifs au nombre de manifestants pour décider de la suite...

Catherine Fournier (avec Reuters)

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Les Français sont appelés à descendre samedi dans la rue pour la huitième fois en deux mois contre la réforme des retraites, mais après le vote de la loi, les syndicats s'interrogent sur l'ampleur de cette mobilisation, certains, CFDT en tête, préparant à tourner la page du conflit.
Les Français sont appelés à descendre samedi dans la rue pour la huitième fois en deux mois contre la réforme des retraites, mais après le vote de la loi, les syndicats s'interrogent sur l'ampleur de cette mobilisation, certains, CFDT en tête, préparant à tourner la page du conflit. — Bertrand Langlois AFP/Archives

La loi n’attend plus que l’avis du Conseil constitutionnel pour être promulguée et le mouvement s’essouffle de plus en plus. Malgré tout, une nouvelle journée d’action - la 8e - est maintenue samedi, avec appel à manifester dans tout le pays. Et ce n’est pas fini. Les syndicats se sont mis d’accord jeudi - hors FO - pour remettre ça dans la semaine du 22 au 26 novembre. A cette date, les Sages auront peut-être déjà donné leur feu vert à Nicolas Sarkozy. Quel intérêt, dès lors, de poursuivre vaille que vaille? 20minutes.fr fait le point.
 
La mobilisation de samedi à la loupe
Les syndicats s’accordent sur ce point: les modalités d’action et le thème de la prochaine journée d’action fin novembre va dépendre du succès ou non de ce 8e rendez-vous, samedi. Les Français en ont-ils assez de manifester sur les retraites? La réponse sera dans la rue, avec le traditionnel comptage des manifestants.
 
Le vote de la loi a fait chuter de moitié environ les chiffres de participation aux dernières manifestations, le 28 octobre. Qui ont tout de même rassemblé 560.000 personnes, selon le ministère de l'Intérieur, et deux millions, selon la CGT, en pleines vacances de la Toussaint.

Les syndicats vont donc «regarder avec beaucoup d'attention la mobilisation de samedi» et se retrouver lundi pour en parler. «On verra si les Français veulent continuer le même type de mobilisation ou s'ils sont usés», souligne Joseph Thouvenel, de la CFTC.

Elargir les revendications
Succès ou pas de la journée de samedi, aucun syndicat ne semble désormais vouloir prolonger le mouvement contre la réforme au-delà de sa promulgation. François Chérèque en tête. «Si je dis aujourd'hui: "On va faire reculer le président de la République, il ne va pas promulguer la loi", je crois que personne ne me croirait», a reconnu le leader de la CFDT ce vendredi. «Sur le sujet des retraites, il faut le reconnaître, on va maintenant s'éloigner petit à petit malheureusement de ce sujet», a-t-il ajouté.
 
Forts du soutien de l'opinion sur ce dossier -la réforme est toujours rejetée par environ deux tiers des Français, selon les sondages-, les fédérations syndicales souhaitent désormais élargir leurs revendications aux problèmes d'emploi et de salaires.
 
Les centrales devraient donc organiser après la promulgation de la loi une journée unitaire aux mots d'ordre très divers, à l'instar des grandes manifestations qui avaient jalonné l'hiver 2009, en pleine crise économique et financière.

Peser dans les négociations
Le soutien de l'opinion et l'unité sauvegardée pourraient permettre aux syndicats de peser dans les négociations sociales à venir sur la pénibilité, les carrières longues ou encore l'emploi des jeunes et des seniors. Les centrales syndicales ont d'ailleurs commencé à défiler dans le bureau de la présidente du Medef, Laurence Parisot, pour des «délibérations sociales bilatérales».
 
Pas question, en revanche, de négocier avec le gouvernement. «Vous ne croyez quand même pas qu'on va retourner discuter avec [lui] alors qu'il a refusé tout dialogue depuis six mois», a tempêté François Chérèque. Et le prochain remaniement ne devrait pas y changer grand-chose…