Le député-maire de Cholet accusé de provocation à la haine raciale

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Le député-maire de Cholet (UMP-CNI) Gilles Bourdouleix a accusé mardi la Ligue des droits de l'Homme (LDH) de dénonciation calomnieuse, après une plainte de l'association concernant des propos qui lui ont été attribués sur les gens du voyage.
Le député-maire de Cholet (UMP-CNI) Gilles Bourdouleix a accusé mardi la Ligue des droits de l'Homme (LDH) de dénonciation calomnieuse, après une plainte de l'association concernant des propos qui lui ont été attribués sur les gens du voyage. — Franck Perry AFP/Archives

La procureure de la République d'Angers, Brigitte Angibaud, a ouvert une enquête concernant Gilles Bourdouleix, député-maire UMP de Cholet (Maine-et-Loire), après une plainte de la Ligue des Droits de l'Homme pour provocation à la haine raciale et à la violence, a indiqué la procureure.

Cette plainte fait suite à des propos tenus par l'élu, également président du Centre national des indépendants et paysans (CNI), à l'encontre des gens du voyage, lors d'une réunion de quartier à Cholet, le 9 septembre.

"On a la trouille de ces gens-là, ils ont tous les droits ! Je suis prêt à prendre un camion plein de m... pour le déverser au milieu de leurs caravanes !", avait notamment déclaré Gilles Bourdouleix, selon les propos retranscrits deux jours plus tard dans les colonnes du quotidien régional Ouest-France.

"Ces gens-là, c'est beaucoup d'emmerdes. S'ils choisissent de vivre comme ça, en caravanes, et qu'on fait un effort pour les accueillir, au moins qu'ils aient un peu de respect", avait-il poursuivi.

Le maire de Cholet réagissait à une remarque d'un habitant du quartier, excédé que des gens du voyage viennent, selon lui, "faire leurs besoins" devant les habitations.

"Les caravanes qu'ils ont, avec les Mercedes et les camions pour les tracter, on ne pourrait pas se les payer. Mais eux, ils en ont les moyens puisqu'ils n'ont pas de revenus et ne paient pas d'impôts. Ces caravanes, elles sont équipées de toilettes, mais ils ne les utilisent pas", avait encore déclaré l'élu, qui avait maintenu ses propos lors du conseil municipal de Cholet le 11 octobre.

Brigitte Angibaud, la procureure de la République d'Angers, a précisé que Gilles Bourdouleix serait entendu ce mois-ci par la police, dans le cadre de l'enquête qu'elle a fait ouvrir.