Un photo-montage efface les bijoux de Christine Lagarde

POLEMIQUE Le cabinet de la ministre nie avoir fourni le cliché aux «Nouvelles du 12», comme le prétendait, dans un premier temps, le directeur de la publication...

Corentin Chauvel et Julien Ménielle

— 

Christine Lagarde dans le 12e arrondissement
Bien qu'elle y soit élue municipale d'opposition, la ministre de l'Economie et des Finances Christine Lagarde ne se rend pas très souvent dans le 12e arrondissement de Paris. A tel point qu'il faut réaliser un montage photo avenue Daumesnil pour la une de son «journal», comme le révèle le blog d'Alexis Corbière. Remarquez aussi que l'on en a profité pour faire disparaitre un diamant un peu trop clinquant...
Christine Lagarde dans le 12e arrondissement Bien qu'elle y soit élue municipale d'opposition, la ministre de l'Economie et des Finances Christine Lagarde ne se rend pas très souvent dans le 12e arrondissement de Paris. A tel point qu'il faut réaliser un montage photo avenue Daumesnil pour la une de son «journal», comme le révèle le blog d'Alexis Corbière. Remarquez aussi que l'on en a profité pour faire disparaitre un diamant un peu trop clinquant... — DR

Dernière mise à jour: Les Nouvelles du 12 reconnaissent finalement que c'est leur infographiste qui a effacé les bijoux de la photo

Christine Lagarde a beau répéter que la crise est finie, il est encore trop tôt pour afficher des signes extérieurs de richesse. La ministre de l’Economie est donc apparue dépouillée de ses bijoux en une des Nouvelles du 12, revue mensuelle distribuée aux habitants du 12ème arrondissement de Paris. Problème, comme l’a noté l’élu du Parti de Gauche Alexis Corbière: l’image a été photoshoppée.

>> Notre diaporama sur la manipulation par l'image est ici

En effet, sur le cliché original, disponible sur le site du ministère, Christine Lagarde porte une bague, un bracelet et des boucles d’oreilles qui ont disparu sur la couverture de la revue. Ce n’est d’ailleurs pas là la seule modification apportée à la photo, puisque la ministre a été détourée et collée sur un fond représentant l’avenue Daumesnil.

«Les bijoux supprimés, c'est encore pire que le photomontage. Ce sont des amateurs!», s’emporte Alexis Corbière, contacté par 20minutes.fr. Le premier adjoint à la maire du 12ème raconte que c’est un de ses amis du PG qui lui a fait remarquer le micro de la chaîne allemande sur la photo, prise selon lui lors d’un sommet franco-allemand en février dernier. «Ce comportement n’est pas professionnel, ça n’a pas de sens», poursuit Alexis Corbière, qui reproche à la ministre, élue du quartier, de ne sièger aux conseils d’arrondissement que «pour la séance inaugurale ou quand il y a des médias.»

«C'est le cabinet de Christine Lagarde qui nous a fait parvenir la photo»

«C'est le cabinet de Christine Lagarde qui nous a fait parvenir la photo, mais c'est nous qui avons effectué le montage», avait indiqué dans un premier temps Jacques Kalifa, directeur de la publication des Nouvelles du 12. Mais par montage, l’homme n’évoque que le changement de fond. «Ce n'est pas nous qui avons effacé les bijoux, la photo nous est parvenue telle quelle», s'était-il défendu.

Faux, a répondu le cabinet de la ministre, contacté par 20minutes.fr. «Cette photo est téléchargeable sur le site», rappelle un porte-parole, niant l'avoir envoyée à qui que ce soit. «Nous trouvons que cette photo est très belle», poursuit-il, estimant qu'«il est normal qu'une femme du rang de la ministre, qui représente la France, soit bien habillée».

«Nous les avons enlevé car elle est sans rien dans toutes nos publications»

Ce démenti a finalement eu raison de la rédaction des Nouvelles du 12 qui a fini par reconnaître son tort. «Sur le site du ministère, il y a la photo de Christine Lagarde. Nous l'avons prise avant de l'envoyer à notre infographiste qui a effectué le montage et effacé les bijoux», révèle à 20minutes.fr Robert Regard, rédacteur pour la revue. «Nous les avons enlevé car Christine Lagarde est sans rien dans toutes nos publications», se justifie-t-il, précisant: «C'est la direction de la publication qui est responsable, pas l'infographiste».

Le mystère de la disparition des bijoux de la ministre est donc résolu. La première hypothèse avancée par Jacques Kalifa laissait pourtant rêveur: «peut-être qu'elle les a vendus entre temps».