Espagne: le chef de l'opposition pourrait revenir sur le mariage homosexuel

© 2010 AFP

— 

Le chef de l'opposition espagnole Mariano Rajoy a affirmé qu'il pourrait remettre en cause la loi sur le mariage homosexuel, l'une des mesures phare du gouvernement Zapatero, s'il arrivait un jour au pouvoir, dans un entretien avec le journal El Pais.
Le chef de l'opposition espagnole Mariano Rajoy a affirmé qu'il pourrait remettre en cause la loi sur le mariage homosexuel, l'une des mesures phare du gouvernement Zapatero, s'il arrivait un jour au pouvoir, dans un entretien avec le journal El Pais. — Dani Pozo AFP/Archives

Le chef de l'opposition espagnole Mariano Rajoy a affirmé qu'il pourrait remettre en cause la loi sur le mariage homosexuel, l'une des mesures phare du gouvernement Zapatero, s'il arrivait un jour au pouvoir, dans un entretien avec le journal El Pais.

Le leader conservateur, chef du Parti Populaire (PP), a ajouté qu'il proposerait également une modification de la loi sur l'avortement, qui vient d'entrer en application, parce qu'elle "ne protège pas suffisamment le droit à la vie".

La loi sur le mariage homosexuel, votée en 2005, puis celle sur la libéralisation de l'avortement en juillet 2010, sont, parmi les sujets de société, les deux mesures les plus polémiques adoptées par le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero depuis son arrivée au pouvoir en 2004.

Dans un pays qui reste majoritairement catholique, toutes deux ont été vivement condamnées par l'Eglise et le Vatican, ainsi que par l'opposition conservatrice qui a déposé des recours devant le Tribunal constitutionnel.

"J'écouterai très attentivement les arguments du Tribunal constitutionnel, mais mon désaccord porte sur le terme de mariage (...) Je ne crois pas que ce soit constitutionnel", a déclaré M. Rajoy, ajoutant qu'il ne "s'engageait pas" à maintenir cette loi si son parti arrivait un jour au pouvoir.

A propos de l'avortement, il a affirmé être "totalement en désaccord" avec le fait "qu'une jeune fille de 16 ans puisse avorter sans que ses parents soient informés", et s'est dit "contre la façon dont est abordé le droit à la vie dans cette loi".

Ces sujets restent très sensibles en Espagne, où des associations d'homosexuels et féministes ont appelé à des manifestations contre la visite du pape Benoît XVI les 6 et 7 novembre.

Alors que les prochaines élections législatives en Espagne sont prévues en 2012 et que la crise économique contraint le gouvernement à prendre des mesures impopulaires, la droite devance les socialistes dans les enquêtes d'opinion.