Portrait-robot du cambriolage type : peu de violence, 6.500 euros de préjudice

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Un cambriolage dans une résidence principale coûte à ses victimes près de 6.500 euros, se commet parfois en leur présence, la plupart du temps sans violence, souvent l'été ou à Noël, et n'est suivi d'une plainte qu'une fois sur deux, selon une étude parue mardi.
Un cambriolage dans une résidence principale coûte à ses victimes près de 6.500 euros, se commet parfois en leur présence, la plupart du temps sans violence, souvent l'été ou à Noël, et n'est suivi d'une plainte qu'une fois sur deux, selon une étude parue mardi. — Francois Nascimbeni AFP/Archives

Un cambriolage dans une résidence principale coûte à ses victimes près de 6.500 euros, se commet parfois en leur présence, la plupart du temps sans violence, souvent l'été ou à Noël, et n'est suivi d'une plainte qu'une fois sur deux, selon une étude parue mardi.

L'Observatoire national de la Délinquance et des Réponses pénales (ONDRP) a mené son enquête auprès de 65.000 ménages, pour donner une radiographie "grandeur nature" d'une atteinte qui concerne des dizaines de milliers de ménages chaque année.

Cette enquête, dite de "victimation", menée avec l'Institut national de la Statistique et des Etudes économiques, consiste à interroger des victimes sans se baser uniquement sur les plaintes. Une précision importante, puisque selon Cyril Rizk, un des responsables de l'ONDRP, "un tiers des victimes disent ne pas porter plainte".

"L'intérêt d'une telle enquête est précisément de compléter les statistiques officielles par le ressenti des victimes", fait valoir Cyril Rizk, qui relève toutefois que les résultats ne divergent pas des statistiques officielles qui font état de quelque 150.000 cambriolages à domicile par an.

Trois pour cent des ménages interrogés ont indiqué avoir été victimes de cambriolages, tentés ou réussis, de leur résidence principale. L'étude porte donc, selon Cyril Rizk, sur plus de 2.000 cambriolages "représentatifs des atteintes de ce type" entre 2005 et 2009.

Il y a autant de tentatives que de vols et, sur 100 cambriolages, plus du quart ne sont pas suivis de préjudice matériel.

La configuration rêvée pour un cambrioleur est un logement vide, relève l'étude pour qui la "confrontation entre voleur et victime est rare" surtout s'agissant de menaces ou de violences (1,1%). Mais, dans plus d'un cas sur trois, le logement est occupé et, dans 10% des cas, le ou les auteurs ont été vus par les victimes.

Plus de 56% des cambriolages décrits par les victimes ont lieu en forçant l'entrée, l'intrusion par les fenêtres venant en deuxième position.

Le montant moyen du préjudice matériel est de 6.400 euros. Dans 55% des cas, les biens emportés sont des bijoux. Suivent, dans l'ordre, matériel hi-fi ou vidéo, argent, cartes bancaires et informatique.

Les vols d'antiquités et d'oeuvres art (5,1%) ainsi que de voitures (2,2%) sont rares, mais "se distinguent par leur impact", dit encore l'ONDRP, leur "valeur très élevée (...) concentrant une grande partie de la valeur globale des objets volés".

Pour Cyril Rizk, "les vols d'oeuvres d'art font grimper la moyenne" des préjudices car, "généralement", ceux-ci sont "assez faibles".

Quatre-vingt-dix pour cent de plaintes portent sur des cambriolages avec un préjudice matériel de plus de 3.250 euros et 75% des ménages disent ensuite n'avoir eu aucune nouvelle de leurs démarches. Cinquante-cinq pour cent déclarent avoir été indemnisés par leurs assurances.

Le taux de cambriolage est le plus élevé en Ile-de-France, Haute-Normandie, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Nord-Pas-de-Calais, Languedoc-Roussillon, soit les régions les plus peuplées. Le plus bas est en Bretagne, dans le Limousin ou en Lorraine.

Trois mois se distinguent comme regroupant chacun au moins 10% des cambriolages : juillet-août, vacances obligent, et décembre. Janvier et février sont les mois les moins fastes pour les cambrioleurs.