Le syndrôme de Copenhague plane au sommet mondial de la biodiversité

avec AFP

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Le Japon a promis mercredi à Nagoya, où se tient le sommet mondial sur la biodiversité, des fonds pour les pays en développement. «Nous allons fournir une aide de 2 milliards de dollars sur trois ans à compter de 2010», a annoncé le Premier ministre Naoto Kan, devant les représentants - dont une centaine de ministres - des quelque 190 pays membres de la Convention sur la diversité biologique (CDB). A trois jours de la fin de ce sommet, le Japon espère donner ainsi une impulsion aux difficiles négociations internationales visant à trouver un accord pour sauvegarder la diversité des ressources naturelles.

L’Union européenne ne fournira pas d’aide supplémentaire aux pays en développement...

Si des incertitudes planent sur la répartition des fonds japonais et la nature des projets auxquels ils seront consacrés, l'annonce du Premier ministre a été bien accueillie. «C’est une bonne nouvelle. Nous avons besoin de fonds additionnels, pour la biodiversité comme pour le changement climatique», a estimé la ministre brésilienne de l'Environnement, Izabella Teixeira. L’Union européenne a indiqué qu'elle ne ferait pas d'annonce similaire à Nagoya, soulignant que l’Europe dans son ensemble fournissait déjà aux pays en développement une aide consacrée à la biodiversité représentant un milliard d'euros par an.

… mais veut imposer une extension des aires protégées dans le monde

Au-delà du financement, la mise en place d'un accord sur les conditions d'accès des industries du Nord aux ressources génétiques des pays du Sud et la fixation d'objectifs mondiaux de conservation de la biodiversité pour 2020 sont les deux autres points durs des discussions. La question de l'extension des aires protégées, actuellement de 13% de la surface totale de la terre et un peu moins de 1% de la surface totale des océans, est l'un des points les plus sensibles. L'Union européenne et plusieurs autres groupes de pays plaident pour un double objectif de 25% (terre) et 15% (mers), mais cette proposition est loin de faire l'unanimité.

Si plusieurs délégués saluaient, à trois jours de la fin de la réunion, une atmosphère constructive, l'énorme déception du sommet climat de Copenhague, en décembre, qui s'est achevé sur un accord a minima sans objectifs chiffrés, reste dans tous les esprits.

Conservation

Une vaste étude sur les vertébrés (mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles et poissons), rendue publique mercredi à Nagoya, montre que si 1/5 des espèces sont menacées, les chercheurs disposent désormais des «preuves indiscutables» des effets positifs des efforts de conservation. Les scientifiques ont identifié 64 mammifères (dont le cheval de Przewalski, en Mongolie), oiseaux et amphibiens dont l'état de conservation s'est amélioré grâce à des mesures de conservation.