La mystérieuse hausse de la mortalité infantile en France

DECES L'explication est peut-être à chercher du côté de l'offre de soins, selon l'Insee...

C. F. avec AFP

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Le parquet général de Paris a indiqué lundi avoir formé un pourvoi en cassation contre l'arrêt rendu fin octobre par la cour d'appel de Paris, qui avait reconnu comme parents un couple ayant eu recours à une mère porteuse américaine pour donner naissance à ses jumelles.
Le parquet général de Paris a indiqué lundi avoir formé un pourvoi en cassation contre l'arrêt rendu fin octobre par la cour d'appel de Paris, qui avait reconnu comme parents un couple ayant eu recours à une mère porteuse américaine pour donner naissance à ses jumelles. — Martin Bureau AFP/Archives

L'espérance de vie augmente, la mortalité infantile aussi. C’est le constat d’une autre étude de l’Insee publiée ce mercredi.

Si «les taux de mortalité à chaque âge baissent presque tous, la mortalité infantile [de la première semaine à un an] fait exception: elle ne baisse plus depuis 2005 et augmente en 2009», explique l'institut. Elle atteint désormais 3,7 décès pour mille naissances (contre 3,6 en 2008), tandis qu'elle se réduit dans d'autres pays européens.

La France derrière la Grèce et l’Espagne

La France est ainsi passée du 5e rang européen en 1999 au 14e en 2008. Elle se situe désormais derrière, notamment, la Grèce et l'Espagne.

Pourtant, rappelle l'Insee, la mortalité des enfants de moins de un an a été divisée par trois en trente ans. Au cours des années 1980, ces progrès résultaient surtout de la diminution des décès survenant au cours de la première semaine de vie et le plus souvent causés par les problèmes pendant la grossesse ou lors de l’accouchement, et par les malformations congénitales. À la fin des années 1990, c’est grâce à la forte réduction des décès entre le premier mois et la première année que la mortalité infantile s’est abaissée à 4 décès pour 1.000 naissances: les campagnes de prévention préconisant de coucher les bébés sur le dos l’expliquent.

L'offre de soins en cause?

Malgré tout, le constat est là. La mortalité infantile ne baisse plus et augmente même légèrement. Et les causes en restent mystérieuses. «On a cherché des explications du côté des mères: on a examiné leur âge, leur nationalité, leur catégorie sociale, leur lieu de résidence mais il n'y a pas d'explication claire», selon Xavier Niel, de l'Insee.
 
«On peut peut-être supposer des choses (explicatives) du côté de l'offre de soins», a-t-il ajouté. La loi Bachelot réformant cette offre de soins sur le territoire français a été adoptée à l’été 2009. L'Insee a indiqué qu’elle allait lancer une étude sur ce sujet, aux côtés des autorités sanitaires.