Un élève jugé pour dénonciation calomnieuse d'un professeur qui s'est suicidé

JUSTICE L'adolescent avait affirmé que son enseignant l'avait frappé...

M.P. avec AFP

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Le tribunal pour enfants de Laon juge ce mercredi pour dénonciation calomnieuse un adolescent qui avait accusé en 2008 un de ses professeur de l’avoir frappé, lequel s'est suicidé ensuite.

La victime, un professeur du collège César-Savart de Saint-Michel (Aisne),s’est pendue à son domicile le 20 septembre, le lendemain de sa garde à vue consécutive à la plainte déposée par le jeune homme. L’élève avait assuré que l’enseignant lui avait donné un coup de poing dans une salle alors qu’ils étaient seuls. Et avait reconnu, un mois après le drame, avoir menti.

«Un bouc émissaire»

L'avocat de la famille de la victime, Me Francis Lec, a estimé, à quelques jours de l'audience, que le jeune homme ne devait pas être «un bouc émissaire d'une série de dysfonctionnements»: «Il est responsable, mais nous ne serons pas là pour accabler uniquement le mineur». Déplorant une garde à vue «précipitée», la partie civile souhaite savoir dans quelles conditions la dénonciation calomnieuse est intervenue et si l'enfant a agi sous influence de personnes majeures.

«Personne ne peut venir dire que mon client est l'unique responsable du décès» de l’enseignant, juge de son côté le conseil de l'adolescent, Me Mireille Des Rivières, qui souhaite démontrer que les constitutions de partie civile par les parents du défunt et par sa soeur ne sont, de ce fait, «pas recevables». L’enseignant, en pleine procédure de divorce, avait laissé un mot chez lui annonçant qu'il allait mettre fin à ses jours, sans s'expliquer sur les raisons de son geste.

Agé de moins de 16 ans au moment des faits, il encourt une peine pouvant aller jusqu'à deux ans et demi de prison ferme.