Une école pour renouer avec la réussite

Delphine Bancaud

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L'atelier d'expression orale permet de restaurer l'estime de soi.
L'atelier d'expression orale permet de restaurer l'estime de soi. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Le bâtiment a l'air quelconque, mais l'établissement qu'il abrite ne l'est pas. Nichée au cœur du 20e arrondissement de Paris, cette école de la deuxième chance accueille actuellement soixante-dix élèves, âgés de 18 à 25 ans et sortis du système scolaire sans qualification. « Ils y restent entre huit et dix mois pour se remettre à niveau en français, mathématiques et bureautique et construire leur projet professionnel », explique Jean Serror, coordinateur pédagogique de l'école. Ici, pas de cours magistraux, ni de programme collectif, mais des ateliers avec une approche pédagogique personnalisée, « car chacun doit évoluer à son rythme », précise le coordinateur. Les jeunes, rémunérés 310 € par mois, effectuent aussi des stages en entreprise, pour trouver leur voie.

Une pédagogie qui fonctionne
Ce matin-là, un groupe d'une dizaine d'élèves participe à un atelier d'expression orale. Le formateur, un comédien, propose un jeu de rôle : « Vous allez feindre de passer un appel à un recruteur pour demander un stage », explique-t-il à l'assistance. Térence se met dans la peau de l'employeur, Rudolphe dans celle du postulant. S'ensuit un dialogue, ponctué par les rires de leurs camarades. L'exercice fini, le formateur débriefe la prestation : « C'est pas mal, mais Rudolphe, tu dois être plus actif dans ta démarche », déclare-t-il avant de dispenser des conseils. Dans la salle d'à côté, un autre groupe de jeunes regarde un documentaire de Raymond Depardon sur la justice. « Car nous développons aussi leur culture générale et nous organisons d'ailleurs des sorties avec eux au musée, au théâtre… » Une pédagogie qui semble fonctionner car 63 % des élèves sortent de l'école avec un projet de formation ou un emploi. « Ce sera bientôt mon cas, car j'ai trouvé une formation dans la restauration », annonce fièrement Térence, 20 ans, entré à l'école en mai. De son côté, Glen, 24 ans, n'est pas au bout du chemin : « Ça ne fait qu'un mois que je suis là, j'en suis déjà à mon deuxième stage. Mais j'ai surtout repris confiance en moi. »

avenir prometteur

Créées en 2007, les écoles de la seconde chance (E2C) sont désormais 24 en France, réparties sur 63 sites dans 14 régions et comptent 7 800 élèves. En 2009, 60 % des jeunes accueillis dans les E2C en sont sortis avec un projet de formation, un emploi, un contrat aidé ou en alternance. Hier, lors du colloque du réseau E2C France, a été annoncée la création de 2 500 nouvelles places en 2011. L'ouverture d'une vingtaine de nouvelles structures serait aussi à l'étude.