Mobilisation sur les retraites en direct ce mercredi: Pour Fillon, «La loi de la République doit être désormais acceptée par tous»

lucie soullier

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Le Sénat a définitivement voté le texte de la réforme des retraites hier.
Le Sénat a définitivement voté le texte de la réforme des retraites hier. — A. REAU / SIPA

La sortie de crise se dessine, mais l'opposition à la réforme demeure. Alors que le texte a été adopté hier au Sénat et est soumis au vote de l'Assemblée ce mercredi, les grévistes s'essoufflent. Dès mardi, les éboueurs ont ainsi repris le travail à Marseille, Agen, Pau et Nantes. Côté carburants, la tendance est « à l'amélioration », selon Jean-Louis Schilansky, président de l'Union française des industries pétrolières.

La contestation « n'est pas finie»

Tout en concédant quelques difficultés, Jean-Louis Borloo s'est, lui aussi, voulu rassurant. Le ministre de l'Energie a annoncé hier que 80 % des stations-service étaient « en état de fonctionnement ». Un « retour progressif, mais régulier » à la normale, confirme Brice Hortefeux, selon qui cinq des douze raffineries françaises ont repris le travail. Malgré quelques opérations de blocage, l'heure semble être à la lassitude.

Christine Lagarde préfère parler de « tournant », se félicitant d'un « retour au dialogue ». La gauche a ainsi fait hier son retour dans les instances dirigeantes de l'Assemblée nationale, boycottées depuis plus d'un mois. Une négociation sur l'emploi des jeunes et des seniors devrait également se mettre en place.

Les Sages saisis

Même si elle prend « d'autres formes », la contestation « n'est pas finie » pour autant, insiste le leader de la CGT, Bernard Thibault. De nouvelles journées d'action sont prévues demain, puis le samedi 6 novembre, avant la promulgation de la loi qui pourrait être retardée, l'opposition ayant annoncé qu'elle allait saisir le Conseil constitutionnel.

L'objectif des syndicats est de ne pas rendre le mouvement impopulaire. Car si 63 % de la population juge justifiée sa poursuite, 59 % n'acceptent pas les blocages (sondages Ifop). Eric Woerth pense que sa réforme gagnera la bataille de l'opinion «au fur et à mesure du temps». Un avis que François Hollande est loin de partager. «Je sens une colère, et celle-là demeurera.» L'ampleur du mouvement de demain devrait donner le «la».