l'archipel endeuillé

Armelle Le Goff

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Le volcan Merapi est entré en éruption hier (en haut). Un blessé après le séisme (en bas).
Le volcan Merapi est entré en éruption hier (en haut). Un blessé après le séisme (en bas). — AP / SIPAD. ALANGKARA / AP / SIPA

Catastrophes en série en Indonésie. Au lendemain du séisme de magnitude 7,7, qui s'est produit lundi au large de la côte occidentale du pays et a entraîné un tsunami, le volcan Merapi, sur l'île de Java, est entré en activité hier.
Au moins, 108 personnes ont été tuées et des centaines d'autres blessés dans le tremblement de terre puis le tsunami qui a frappé l'île de Pagai du Sud. « Dans le village de Muntei, 80 % des constructions ont été endommagées par les vagues et de nombreux habitants sont portés disparus », ont indiqué les autorités. Des recherches ont également été engagées pour retrouver un bateau avec neuf Australiens à bord. Le tsunami a été d'une telle violence qu'il a fait des dégâts jusqu'à l'île de La Réunion, où quatre bateaux ont coulé dans le porte de Sainte-Marie (Nord). Située sur le « cercle de feu » du Pacifique, l'Indonésie est une zone de forte activité sismique. En 2004, le tsunami provoqué par un séisme de 9,3 avait fait au moins 168 000 victimes. Sans rapport de cause à effet, selon Evelyne Pradal, géologue-volcanologue en cabinet indépendant, le Merapi, situé à 26 km de la ville de Yogyakarta, est entré en éruption, hier. « C'est un des volcans les plus dangereux du monde, car ses explosions sont brutales et imprévisibles », détaille Evelyne Pradal, qui rappelle qu'il est entré en activité pour la dernière fois en 2006. L'éruption d'hier a fait au moins treize morts, dont un bébé de trois mois qui « a souffert de sérieuses difficultés respiratoires après avoir inhalé de la poussière volcanique », selon un médecin interrogé par une télévision locale. Par mesure de sécurité, quelque 20 000 habitants ont évacué les zones identifiées comme « à risque » par les autorités indonésiennes.