Facebook, le nouvel ami des parents curieux

INTERNET Sur le célèbre réseau social, les demandes d'amitié entre parents et enfants se multiplient...

Lucie Soullier

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Etre présent sur Facebook permet aux parents de surveiller leurs enfants.
Etre présent sur Facebook permet aux parents de surveiller leurs enfants. — BOURGEOIS / ISOPIX / SIPA

Une simple notification vient, pour certains, annoncer la fin d'une vie familiale paisible. Celle d'une demande d'amitié, sur Facebook, de leur père, de leur mère ou encore de l'oncle Alfred, celui qui a un stock inépuisable de photos d'eux, bébés, déguisés en fille. Et la question se pose à de plus en plus d'utilisateurs: vais-je devoir accepter d'être «ami» avec maman, ou pire, avec belle-maman.

« Je découvre les petits copains de ma fille de 16 ans»

Deux options s'offrent alors aux internautes. Les premiers refusent tout net. Pas question que la famille puisse apprendre qu'ils appartiennent au groupe «pour la réhabilitation de la galette à la frangipane». Et puis, il y a les autres: ceux qui cliquent sur «accepter». Parce que, «expliquer pour la dixième fois à ma grand-mère que, non, ce n'est pas que je ne l'aime pas, m'a fait craquer», soupire Lola.

Romain, 25 ans, a également fini par accepter sa mère, mais à une condition: «Elle n'a pas le droit de demander mes amis.» Quant à la censure, il dispose d'une arme secrète et imparable: son mot de passe. «Elle ne comprend pas pourquoi des posts disparaissent», s'amuse-t-il.

Côté parents, avoir son enfant sur Facebook est un moyen de surveillance efficace. «Je découvre les petits copains de ma fille de 16 ans», explique Laetitia, dont les trois enfants sont inscrits sur le réseau social. Et comme «ils ne se rendent pas toujours compte de ce qu'ils mettent», elle peut contrôler l'usage qu'ils font de leur profil.

Delphine confirme, en expliquant que son père la «googlise» pour être sûr qu'elle gère son image sur le Net. Selon Antonio A. Casilli, auteur des Liaisons numériques, les parents sont coincés entre «un besoin de contrôle et une volonté de laisser à leur enfant un outil développant leur autonomie». Mais pas d'inquiétudes, poursuit-il, «avec l'apprentissage», l'enfant finira par reproduire sur Facebook les «mêmes liens sociaux avec leurs codes, leurs limites et leurs mises en scène de soi» qu'In Real Life (IRL), c'est-à-dire dans la vie hors ligne.

Notoriété

Selon le palmarès annuel de l'Ifop consacré à la notoriété des réseaux sociaux, publié en octobre, Facebook monte sur la première marche en termes de notoriété avec 94% de personnes affirmant connaître le site. YouTube (92%) et Copains d'avant (88%) complètent le podium. Néanmoins, le site de réseautage n'est que troisième concernant le taux d'adhésion: Windows Live arrive en tête avec 52% déclarant être inscrits, suivi de Copains d'avant (46%) et, donc, de Facebook (43%).