Retraites: Sarkozy hausse encore le ton mais les grévistes toujours mobilisés

MOBILISATION Ce mercredi, gouvernement comme syndicats et grévistes ont tenu leur position, Nicolas Sarkozy durcissant même encore un peu plus le ton...

B.D.

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Un dialogue de sourds. Ce mercredi, gouvernement comme syndicats et grévistes sont restés fermes sur leurs positions respectives. Nicolas Sarkozy est en effet déterminé à maintenir sa réforme, comme il l’a répété à de nombreuses reprises depuis plusieurs jours, et ce malgré le risque d'embrasement de la jeunesse et les craintes autour d'une pénurie d'essence.

Détermination du chef de l’Etat

«Je mènerai à son terme la réforme des retraites car mon devoir en tant que chef de l'Etat est de garantir aux Français qu'eux-mêmes et leurs enfants pourront compter sur leur retraite», a-t-il redit ce mercredi devant le Conseil des ministres. «Dans quelques jours, la réforme des retraites sera la loi de la République», a renchéri devant les députés le Premier ministre, François Fillon. Preuve de sa détermination: Nicolas Sarkozy a ordonné en milieu de matinée le déblocage de la totalité des dépôts de carburant.

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Car, sur le terrain, la mobilisation ne faiblit pas. Aéroports, universités, transports et dépôts pétroliers étaient à nouveau bloqués ce mercredi partout en France par des grévistes.

Une septième journée d’action pour les syndicats?

Côté syndicats, une réunion est à nouveau prévue jeudi pour juger de l'opportunité d'une septième journée de mobilisation et des modalités de cette journée. Une journée de mobilisation de la jeunesse se prépare d'ailleurs à nouveau pour jeudi, et cinq à six universités sont bloquées sur le territoire. Ce mercredi, les forces de l'ordre s'étaient même déployées autour du Palais du Luxembourg pour contenir les manifestants.

Forte de ce soutien de la rue, la gauche a demandé solennellement au Sénat la suspension de l'examen de la réforme des retraites. Les présidents des trois groupes de gauche, entourés de l'ensemble de leurs collègues de gauche, debout dans l'hémicycle, ont demandé solennellement au président de la République de suspendre les débats et de reprendre les négociations avec tous les partenaires. «Nous ne suspendrons pas les débats au Sénat, c'est une drôle d'idée», leur a aussitôt répondu le ministre du Travail, Eric Woerth. «Le Sénat va voter ce texte et ce moment approche», a-t-il lancé, demandant à l'opposition de «garder son calme».

 

59% des Français favorables à la poursuite du mouvement

 

Le gouvernement espère un vote jeudi soir, tablant notamment sur la fatigue physique des élus qui siègent jour et nuit depuis le 15 octobre, mais cela semble difficile au vu des 290 amendements restant à examiner mercredi en fin d'après-midi. Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a pressé le Sénat de voter la réforme des retraites et de ne pas se «perdre en manoeuvres dilatoires».

 

Une preuve de l’inquiétude du gouvernement de voir la mobilisation se durcir, alors qu’une large majorité de Français (59%) s’est dite ce jour favorable à la poursuite du mouvement contre le projet de loi sur les retraites après le vote du Sénat cette semaine?