L'avocat de Liliane Bettencourt perd son procès en diffamation contre l'avocat de sa fille

JUSTICE Les propos de Georges Kiejman sur Olivier Metzner étaient bien diffamatoires, mais il a «le bénéfice de la bonne foi»...

J. M. avec AFP

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Olivier Metzner (G), le 17 août 2010 à Paris, et Georges Kiejman, le 17 août  2010 à Versailles.
Olivier Metzner (G), le 17 août 2010 à Paris, et Georges Kiejman, le 17 août 2010 à Versailles. — PATRICK KOVARIK/AFP PHOTO

L'avocat de Françoise Bettencourt-Meyers, Olivier Metzner, a perdu ce mercredi le procès en diffamation intenté à son confrère Georges Kiejman, qui l'avait accusé d'être le «cerveau» d'un «complot» contre sa cliente, Liliane Bettencourt.

«Le bénéfice de la bonne foi»

Le tribunal de grande instance de Paris a jugé que les propos tenus en juin par Georges Kiejman étaient bien «diffamatoires» à l'encontre d'Olivier Metzner, mais il lui a octroyé «le bénéfice de la bonne foi».

Dans leur jugement, les magistrats de la 17e chambre civile ont estimé que l'ancien secrétaire d'Etat de François Mitterrand s'était exprimé en «avocat passionné qui consacre toute son énergie à la défense de sa cliente».

«Les piliers de la démocratie»

«La passion n'a jamais été un critère de la bonne foi», a immédiatement réagi le conseil d'Olivier Metzner, François Stefanaggi, regrettant que le tribunal ait fait «primer la personnalité de Maître Kiejman, ce qui va à l'encontre des faits et entraînent des débordements qui n'ont pas lieu d'être».

L'avocat ignorait ce mercredi si Olivier Metzner allait faire appel. «C'est bien que la dix-septième chambre, qui est la chambre de la presse, accorde aux avocats la même liberté de ton qu'aux journalistes, qui sont tous deux les piliers de la démocratie», s'est réjoui de son côté Georges Kiejman.

Les enregistrements en cause

Olivier Metzner et sa cliente, Françoise Bettencourt-Meyers, réclamaient un total de 250.000 euros. Les propos litigieux remontent au 20 juin. Dans un entretien au Journal du Dimanche, Georges Kiejman avait dénoncé «un complot organisé de longue date», dont «le cerveau (...) s'appelle Olivier Metzner».

Il reprochait à son confrère et à Françoise Meyers-Bettencourt d'avoir commandité les enregistrements clandestins réalisés au domicile de Liliane Bettencourt par son majordome, puis d'avoir transmis ces écoutes à la presse.