« Au bout d'un mois, j'ai craqué »

Recueilli par Delphine Bancaud

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Marc, professeur stagiaire d'anglais dans un lycée du Val-de-Marne.
Marc, professeur stagiaire d'anglais dans un lycée du Val-de-Marne. — A. FREINDORF / 20 MINUTES

« A la rentrée, j'étais tout feu tout flamme. Je savais que ce ne serait pas évident de commencer à enseigner sans expérience, mais je pensais que ma passion pour le métier m'aiderait », confie Marc, professeur stagiaire d'anglais dans un collège du Val-de-Marne. « J'ai tenu un mois, mais j'ai fini par craquer. Je suis en arrêt maladie depuis une semaine et jusqu'à la fin des vacances de la Toussaint. Il faut dire que j'ai cumulé les difficultés : alors que le ministère de l'Education recommandait de ne confier aux profs stagiaires que deux niveaux de classe pour leur éviter une surcharge de travail, j'en ai écopé de quatre. Très vite, je me suis senti débordé.

« J'ai peur de ne pas être titularisé »
Outre mes dix-huit heures de cours hebdomadaires, je dois aussi suivre une formation une journée par semaine en moyenne. Sans oublier, la préparation des cours et la correction des copies. Du coup, depuis la rentrée, je n'ai plus de vie sociale. Tous les soirs, je travaille jusqu'à au moins 22 h et le week-end, je ne m'accorde qu'une demi-journée de loisirs, pour réussir à tout boucler. Malgré cela, il m'arrive parfois de faire de l'improvisation en cours. Les élèves le ressentent et quelques-uns d'entre eux sont d'ailleurs venus me voir pour me signifier que le niveau de mes cours était trop faible. Il m'arrive aussi parfois d'être déstabilisé lorsque l'un d'eux me pose une question trop précise.
Quant à ma tutrice, j'ai eu mon premier contact avec elle, il y a seulement deux semaines. Et comme elle n'enseigne pas dans le même établissement que moi, nos relations sont limitées. Avec toutes ces difficultés, j'ai parfois peur de ne pas être titularisé en fin d'année. J'ai bien tenté de signaler mes difficultés au principal de mon collège, mais il ne m'a pas proposé de solution concrète. Mon inspectrice d'académie m'a, en revanche, invité à faire relire mes cours par un prof aguerri. Une aide utile, mais qui ne sera que temporaire. Mon dernier espoir : que la DRH du rectorat finisse par me retirer un ou deux niveaux de classe ».