Les syndicats préparent déjà la suite

MANIFESTATIONS Les centrales veulent gagner la bataille de l'image pour survivre aux vacances...

Gilles Wallon

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L'intersyndicale n'a pas défini de stratégie commune à appliquer après le vote au Sénat.
L'intersyndicale n'a pas défini de stratégie commune à appliquer après le vote au Sénat. — F. DUFOUR / AFP

Ils espèrent trois millions et demi de personnes dans les rues ce mardi. Pourtant, les syndicats en sont conscients: le gouvernement ne fera plus aucune concession sur la réforme des retraites. Qu'importe le niveau de mobilisation. Qu'importe le nombre de lycées bloqués ou de stations-service fermées. Plus rien ne bougera jusqu'au vote final du texte au Sénat, qui devrait avoir lieu jeudi soir. Alors, à quoi sert la mobilisation?

Préparer l'après-vote

L'intersyndicale poursuit deux objectifs. Premier défi: battre le gouvernement à son propre jeu. «Il mise sur le durcissement du mouvement pour reconquérir l'opinion publique», pense Jean-Louis Besnard, du syndicat Unsa. Les centrales, au contraire, veulent conserver l'image de «très grande responsabilité» qu'ils cultivent depuis le début du conflit. «Si certains secteurs se radicalisent, ce n'est que la conséquence des méthodes du gouvernement», prévient Bernard Van Crayenest, le président de la CFE-CGC.

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L'intersyndicale mise donc sur une mobilisation massive, sans aucune débordement, pour préserver son crédit populaire. Lundi soir, les syndicats de lycéens et d'étudiants étaient réunis au siège de la CGT. Ils devraient être intégrés aux cortèges de façon à les protéger contre l'arrivée éventuelle de casseurs.

Deuxième impératif: préparer l'après-vote. Les syndicats n'ont pas encore trouvé de stratégie commune à appliquer après le temps législatif. «Quels seront nos moyens d'action? C'est une vraie question», admet Jacques Voisin, président de la CFTC.

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La manifestation de ce mardi va les informer sur la possibilité, ou non, de reprendre le combat après les vacances de la Toussaint. Certains syndicats minoritaires, comme l'Unsa ou la CFE-CGC, refusent d'ores et déjà d'appeler à manifester après le vote du texte. D'autres, tel FO, appellent à une journée de grève nationale. Mais les deux grands syndicats, la CGT et la CFDT, ne se sont pas encore décidés.

L'oubli des députés

La très généreuse retraite des députés n'est pas près d'être réformée. Le 9 septembre, trois parlementaires Verts avaient signé un amendement pour aligner le régime des retraites des parlementaires sur le régime général. Mais celui-ci a été retoqué. C'est le site Rue89 qui a dévoilé l'affaire la semaine dernière, rappelant au passage que les parlementaires peuvent bénéficier d'un «taux plein» de plus de 5.000 euros après vingt-deux ans de cotisation.