Les régions s'organisent face à la pénurie d'essence

PENURIE Les Français ne sont pas tous logés à la même enseigne...

Matthieu Goar et nos bureaux régionaux

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Une file d'attente devant une station-service sur l'A1, près de Saint-Denis.
Une file d'attente devant une station-service sur l'A1, près de Saint-Denis. — A. GELEBART / 20 MINUTES

La France tourne toujours au ralenti. Alors que les douze raffineries sont encore en grève et que les dépôts sont plus que jamais au cœur de la contestation sociale (blocage des manifestants, intervention des forces de l'ordre), les 13.690 stations-service de notre pays continuent à faire le dos rond au bout de la chaîne du carburant.

Plus compliqué en Normandie que sur la Côte d'Azur

La faute aux difficultés d'approvisionnement et à la surconsommation. Lundi soir, le pétrolier français Total déplorait 650 stations à sec sur les 4. 000 de son réseau. La grande distribution, au moins 1. 000, malgré une stabilisation en fin de journée. «Les gens ont peut-être fini de faire des réserves», glisse Alexandre de Benoist, délégué général de l'Union des importateurs indépendants pétroliers (UIP).

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Face à cette crise, les Français ne sont pas tous logés à la même enseigne. «En ce moment, c'est de plus en plus compliqué en Normandie, alors que nos points de vente de la Côte d'Azur et du Sud-Ouest sont bien approvisionnés», expliquait dans la soirée un responsable de chez Total. Heure par heure, les situations locales évoluent dans un sens ou dans l'autre, en fonction des déblocages des dépôts ou de l'arrêt des camions.

Nombreux sites Internet

Ainsi, rien que lundi, le dépôt de Frontignan (Hérault) a été bloqué à 0h30 par 300 cheminots, débloqué par les forces de l'ordre à 15h, avant que les agents du dépôt pétrolier décident de se mettre en grève. «Les 300 camions qui attendaient n'ont pas pu être chargés», a pu constater le bureau de 20 Minutes à Montpellier. «C'est une situation incroyablement évolutive, très difficile à évaluer», analyse Alexandre de Benoist. Dans l'ensemble, les stations isolées en milieu rural et le réseau de la grande distribution (plus de 60% des ventes de carburant en France) semblent être moins bien approvisionnés.

Du coup, les automobilistes s'organisent. De nombreux sites Internet ont mis en place des forums ou des cartes interactives actualisées au fur et à mesure de la journée. Et ils sont pris d'assaut. Pour se ravitailler, certains usagers n'hésitent pas à passer les frontières. Les ventes dans les stations-service belges proches de la frontière française sont en hausse de 15 à 20%. L'Etat, qui a longtemps minimisé la situation, tente de faire face. Un centre interministériel de crise a été mis en place, lundi, par le ministère de l'Intérieur. «Celui qui peut dire ce qui va se passer dans les jours qui viennent est un sorcier», conclut un bon connaisseur du secteur. 

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