Journée de mobilisation: le conflit monte d'un cran, la pénurie d'essence menace

SOCIETE Les stations-service commencent à être à sec, les routiers sont passés à l'offensive et les affrontements entre jeunes et forces de l'ordre ont repris...

20minutes.fr avec AFP

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Une station-service en pénurie de gazoil à Nantes en octobre 2010.
Une station-service en pénurie de gazoil à Nantes en octobre 2010. — SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Alors que les actions se sont multipliées ce lundi dans toute la France, Nicolas Sarkozy a réaffirmé à Deauville que la réforme des retraites était «essentielle» et que la France la mettrait «en œuvre». A la veille d’une nouvelle journée de mobilisation, de nombreux secteurs ont pourtant continué à crier leur opposition aux textes.

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Au total, les douze raffineries de métropole étaient toujours paralysées, et environ 1.000 à 1.500 stations-service, sur un total de 12.500, manquaient de carburant lundi soir, selon l'Union française de l'industrie pétrolière (Ufip). D'ores et déjà, les préfets des Ardennes et de la Marne ont demandé aux automobilistes de ces départements de «limiter leurs déplacements dans la mesure du possible».

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Le gouvernement, de son côté, a activé le centre interministériel de crise pour assurer «la pérennité du ravitaillement en carburant».

«Semaine décisive»

Les syndicats espèrent maintenir mardi la mobilisation à un haut niveau, après la journée record du 12 octobre, afin d'obtenir la suspension de l'adoption du projet de loi, dont les sénateurs ont repris l'examen lundi. Le vote, initialement prévu mercredi, pourrait intervenir jeudi, selon Gérard Longuet.

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La mobilisation est entrée dans une «semaine décisive», a jugé le porte-parole du PS Benoît Hamon, appelant les Français à «ne pas se laisser abuser» par le discours de fermeté du gouvernement.

Parfois soutenus par les cheminots et d'autres secteurs, les routiers ont ciblé notamment les dépôts de carburants (Caen, Rouen,...) et le terminal pétrolier de Port-la-Nouvelle (Aude), mais certains ont été ensuite débloqués par les forces de l'ordre.

Cinq policiers blessés, près de 300 interpellations dans les mobilisations lycéennes

Selon la CFDT-routes, environ 1.500 militants ont mené lundi des «actions tous azimuts» dans «18 régions». Mais la principale fédération de transporteurs routiers, la FNTR, ne croit pas à un mouvement d'ampleur. Les routiers ont organisé de nombreux barrages filtrants ou opérations escargots, tandis que les transports en commun ont été perturbés dans plusieurs villes.

Les blocages de lycées ont également repris lundi, 261 établissements étant perturbés selon le ministère de l'Education, et 950 selon l'UNL, premier syndicat lycéen. Les mobilisations ont dégénéré dans plusieurs villes où des affrontements avec les forces de l'ordre ont eu lieu. Quelque 290 «casseurs» ont été interpellés, selon le ministère de l'Intérieur et cinq policiers ont été blessés au cours d'affrontements parfois violents. 231 de ces «casseurs mêlés aux différents groupes» de lycéens ont été placés en garde à vue, contre 192 vendredi, où 22 policiers avaient été blessés, selon les chiffres de la place Beauvau.

Selon un sondage lundi, 71% des Français expriment leur soutien ou de la sympathie pour la journée de mardi organisée par l'intersyndicale, la 6e depuis la rentrée.