Mobilisation contre la réforme des retraites: Fillon «ne laissera pas bloquer le pays»

GREVE Dimanche, le gouvernement s'est attelé toute la journée à dégonfler le problème des blocages des raffineries...

M. P. et N. Bu. avec AFP

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La hausse du prix des carburants a des conséquences sur le comportement des automobilistes dont 44% déclarent avoir réduit leur consommation, selon une étude de l'IFOP pour Dimanche Ouest-France rendue publique samedi.
La hausse du prix des carburants a des conséquences sur le comportement des automobilistes dont 44% déclarent avoir réduit leur consommation, selon une étude de l'IFOP pour Dimanche Ouest-France rendue publique samedi. — Pierre Andrieu AFP/Archives

Pas de pénurie. Le gouvernement n’a eu, ce dimanche qu’un seul mot d’ordre: faire savoir aux Français que les blocages des raffineries françaises n’auront pas de conséquence à la pompe. Après Eric Woerth, Dominique Bussereau et Brice Hortefeux, c’est le Premier ministre qui a ajouté dimanche soir sa voix à celle de ses ministres. François Fillon a ainsi assuré dimanche au 20h de TF1 qu'il ne laisserait «pas bloquer le pays», réaffirmant que la réforme des retraites serait bel et bien «votée».

«Je ne laisserai pas l'économie française étouffer par un blocage de l'approvisionnement en carburant», a déclaré le Premier ministre, évoquant une «crise sociale», alors que les douze raffineries de métropole sont touchées par un mouvement de grève, faisant craindre une pénurie à la pompe. «Il n'y aura pas de pénurie parce que nous allons prendre les décisions nécessaires (...) pour faire en sorte que le pays ne soit pas bloqué».

«Le droit de grève est respecté»

«Le droit de grève est respecté, mais ça n'est pas le droit d'empêcher l'accès au carburant (...) ça n'est pas non plus le fait d'interdire l'accès des locaux de travail à des salariés non grévistes», a-t-il insisté.

Le Premier ministre a affirmé que le débat sur la réforme des retraites «ira à son terme au Sénat» où elle est actuellement examinée et qu'elle sera «votée» à l'issue de son parcours parlementaire sans en préciser le calendrier. «Je ne sais pas si ça sera voté mercredi, mais ça sera voté», a-t-il dit.

Selon François Fillon, «il y a beaucoup de gestes qui ont été faits» sur le projet de loi, et «on est maintenant au bout du système. Si on revient sur la question des 62 ans, on ne paye plus la retraite des Français», a-t-il fait valoir.

«Nous ferons débloquer les dépôts si nécessaire»

Plus tôt dans la soirée, c'est le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, qui avait prévenu que le gouvernement ferait «débloquer les dépôts» pétroliers qui seraient bloqués par des manifestants contre la réforme des retraites, lors du Grand jury RTL-Le Figaro-LCI.

«Nous ferons débloquer les dépôts si nécessaire, dès lors que ceux-ci seront dans l'incapacité de fonctionner du fait d'éléments extérieurs», a-t-il déclaré. «Nous avons déjà procédé à des mises en route de ces dépôts sans problème majeur», a ajouté le ministre.

«Il n'y a pas à ce stade dans le pays de risque de pénurie», a-t-il toutefois ajouté. «Nous avons 12 raffineries qui sont perturbées dans le cadre d'un conflit social classique», a relativisé Brice Hortefeux. «Nous avons des réserves stratégiques.»

«Aucune station sans essence»

Même son de cloche un peu plus tôt du côté de Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports, qui assurait lui aussi qu'«il n'y a aucune station sans essence». Et celles qui affichent qu'elles sont vides «gardent le carburant pour leurs clients habituels avec lesquels (elles) ont des contrats», a-t-il assuré sur Europe 1. D’après le secrétaire d’Etat, il y a environ 200 stations-service «gênées» en France. Il a donc demandé aux automobilistes de ne pas faire de «pleins de précaution».

«Je lance un appel au bon sens», a-t-il dit, en relevant l'explosion des ventes de 50% en début de semaine à la suite d'achats de conducteurs par crainte d'une pénurie. Ils ont «vidé les cuves», a regretté le secrétaire d’Etat. D’autant que ces comportements ont eu des conséquences sur le prix. Il est «vraisemblable que, de-ci de-là, cela ait causé des tensions sur les prix», a-t-il reconnu en réitérant son appel au «civisme».

«Pas de panique»

Même discours évidemment pour Eric Woerth, qui a affirmé en début de journée qu'il «n'y aura pas de pénurie d'essence, pas de panique», car le «gouvernement est très vigilant là-dessus». «La police ou la gendarmerie, d'ailleurs dans de très bonnes conditions, ont dégagé un certain nombre de dépôts, voilà, il n'y a pas de risque et le gouvernement est très vigilant là-dessus», a déclaré à l'AFPTV le ministre du Travail qui participait à la journée portes ouvertes de l'UMP consacrée à la défense de la réforme du gouvernement sur les retraites.

>> Constatez-vous des pénuries de carburant dans les stations-service près de chez vous ou bien avez-vous pu faire le plein sans le moindre souci? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous.