Péril jeunes sur la réforme des retraites

Delphine bancaud

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A Nîmes, des voitures ont été brûlées et des policiers caillassés, en marge des manifs.
A Nîmes, des voitures ont été brûlées et des policiers caillassés, en marge des manifs. — AFP

Le pire cauchemar du gouvernement serait-il en train de devenir réalité ? La mobilisation des jeunes contre la réforme des retraites est encore montée d'un cran hier. Forts de leur présence massive lors de la manifestation de mardi, les jeunes ont décidé de faire monter la pression. Hier à la mi-journée, l'Union nationale lycéenne comptait 1 100 lycées « mobilisés », dont « plus de 700 bloqués ». Des chiffres aussitôt minorés par le ministère de l'Education nationale. Selon lui, seulement 340 lycées étaient « perturbés à des degrés divers ». Dans les facs, une vingtaine d'assemblées générales ont également eu lieu ainsi que des barrages filtrants, les syndicats sensibilisant par ce biais les étudiants à la réforme des retraites. Mais seule l'université Rennes-II était fermée hier « pour des raisons de sécurité », mais elle devait rouvrir aujourd'hui

Une déferlante dans les rues
Bien décidés à ce que leur colère soit visible et audible, des milliers de jeunes sont également descendus dans la rue hier, partout en France. Des mouvements quelque peu désorganisés, car souvent improvisés au dernier moment. Du coup, quelques cortèges ont été émaillés d'incidents, comme à Montreuil (Seine-Saint-Denis), où un jeune de 16 ans a été blessé par un tir de flashball, lors d'affrontements avec des policiers. A Nîmes (Gard), quelques voitures ont été brûlées et des policiers caillassés. Des interpellations de jeunes ont également été effectuées dans le Val-d'Oise, à Lens (Pas-de-Calais), Lyon (Rhône) et Chambéry (Savoie). Ces incidents ont immédiatement fait réagir plusieurs membres du gouvernement, à l'instar de Brice Hortefeux. Le ministre de l'Intérieur a appelé les parents à prendre « leurs responsabilités ». Des propos qui n'ont pourtant pas infléchi la détermination des organisateurs du mouvement : « Je vois déjà monter la petite musique sécuritaire du gouvernement pour chercher à décrédibiliser la mobilisation des jeunes », a ainsi confié à 20 Minutes Jean-Baptiste Prévost, le président de l'Unef, qui a promis en retour « une mobilisation encore plus forte la semaine prochaine ».

mOBILISATION

Entre 5 000 et 8 000 jeunes ont manifesté à Rennes, 4 500 à Saint-Brieuc, 3 000 à Reims et au Havre, 2 000 à Brest et à Lens, 1 700 à Orléans, 1 500 à Montpellier et à Blois, 1 200 à Brive, un millier à Tours, Dax, Nancy, Niort, Nancy et Caen. A Bordeaux, environ 4 000 salariés et lycéens, selon la police, 5 000, selon la CGT, ont aussi battu le pavé. Enfin à Toulouse, 20 000 personnes, selon les organisateurs, sont descendues dans la rue.