Laurent Hecquet: «Les personnes âgées ne sont pas surimpliquées dans les accidents de la route»

INTERVIEW Le délégué général de «40 millions d'automobilistes» estime que la mise en place d'examens médicaux n'est pas nécessaire...

Propos recueillis par Catherine Fournier

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En 2006, l'octogénaire qui avait renversé le petit garçon de trois ans à la sortie de l'école ne se souvenait pas de l'accident
En 2006, l'octogénaire qui avait renversé le petit garçon de trois ans à la sortie de l'école ne se souvenait pas de l'accident — MYCHELE DANIAU / AFP

La mère d'un enfant renversé par un conducteur âgé a porté plainte contre l'Etat pour dénoncer l'absence de contrôle médical en France pour ces automobilistes. Qu'en pensez-vous?
Il ne faut pas généraliser un cas particulier, même si le vieillissement de la population française, et donc des conducteurs, est une vraie question de société. Ce que l'on constate, c'est que les personnes âgées ne sont pas surimpliquées dans les accidents de la route. Si l'on voulait appliquer un principe de précaution drastique, mieux vaudrait interdire les jeunes de 18 à 25 ans de conduire! Ce sont eux qui payent le plus lourd tribut. La fougue de la jeunesse est plus dangereuse que la problématique de la vieillesse.

Mais n'y a-t-il pas pour autant des mesures à mettre en place pour les personnes âgées?
Il ne faut pas stigmatiser une catégorie de population. Certes, ces conducteurs perdent certaines facultés, comme la vision ou les réflexes. Mais ils adaptent naturellement leur conduite, en allant plus lentement. Le système médical actuel peut suffire à prévenir les difficultés rencontrées avec l'âge, via les médecins référents. Il est vrai qu'il faudrait les impliquer un peu plus. Certains ne voulaient pas avoir un rôle de censeur ou de dénonciateur. Mais avec leur coopération, ainsi que celle des familles, on observerait une sacrée avancée sur ce problème qui, je le répète, n'est pas un enjeu majeur de sécurité routière.

Sans parler d'examen médical, ne faudrait-il pas malgré tout mettre en place des contrôles plus réguliers des connaissances des automobilistes?
Il est vrai qu'en France, le permis de conduire a toujours été considéré comme quelque chose d'acquis à vie. Il faudrait donc mettre en place une formation et un accompagnement de l'automobiliste tout au long de sa vie. Mais de façon positive, sans limiter sa mobilité. Car en ce qui concerne les personnes âgées, notamment dans les campagnes, cette mobilité est très importante.