Réforme des retraites: les lycéens rejoignent la mobilisation

SOCIAL Ils ont bloqué leurs lycées et manifesté ce mardi...

Oriane Raffin avec Gilles Wallon, sur place

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Des élèves du Lycée Condorcet, à Paris, mardi 12 octobre. Ils protestent contre la réforme des retraites.
Des élèves du Lycée Condorcet, à Paris, mardi 12 octobre. Ils protestent contre la réforme des retraites. — AFP PHOTO ETIENNE LAURENT

Un renfort de poids pour les syndicats. Les lycées ont rejoint le mouvement de protestation contre la réforme des retraites, ce mardi. Ils ont bloqué entre 357 et 400 établissements, selon le ministère de l’Intérieur ou le syndicat UNL.

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«Une très, très grosse journée chez les lycéens», selon la première organisation lycéenne. Sacha, qui a mené la mobilisation au lycée Delacroix de Maison-Alfort défile à Paris, au côté d’une centaine de personnes de son établissement. «On a beaucoup tracté, on a tenu un blocus toute la matinée», détaille-t-il, à peine descendu du sommet d’un abri-bus, le mégaphone autour du cou. «Les lycées sont de plus en plus au courant de ce qu’est la réforme des retraites, du fait qu’elle va renforcer le chômage des jeunes. J’espère que ça va continuer à monter!».

Pourtant, la mobilisation dépend des établissements. Jérémie, 16 ans, leader dans son lycée du Plessis-Robinson, n’est accompagné que de six autres élèves de son lycée, lors de la manifestation parisienne. «On a fait voter la grève dans les classes, mais ça n’a pas trop suivi», déplore-t-il. Le message est principalement passé par Facebook, explique Sandra, de Maisons-Alfort. «On l’a mis dans nos statuts, on a créé des évènements», détaille-t-elle.

«On n’est pas là à tâter la Playstation»

L'entrée des lycées dans le mouvement suscite l'inquiétude gouvernementale. Mardi, devant les députés UMP, François Fillon a jugé «irresponsable» la «tentation de l'extrême gauche et d'une partie du PS» de mettre «des jeunes de 15 ans dans la rue».

«Discours assez classique de la droite», pour qui «dès que la jeunesse se mobilise, elle est manipulée ou irresponsable», selon le porte-parole du PS Benoît Hamon. Pour Pierre, 16, élève de terminal S à Argenteuil, il ne s’agit en tout cas d’aucune volonté de sécher les cours. «J’étais devant le lycée à 6h alors que je ne devais commencer qu’à 10h! Sans compter que beaucoup de profs font grève et sont absents. On aurait très bien pu rester chez nous, mais non, on n’est pas là à tâter la Playstation!».