Retraites: Le Sénat vote le report du départ sans décote à 67 ans

SOCIAL La gauche et les syndicats y étaient farouchement opposés...

N. Be. avec AFP

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Le Sénat a imprimé sa marque sur la réforme pénitentiaire qu'il a adopté vendredi, en enrichissant notablement un texte qui vise à mettre les conditions de vie dans les prisons françaises, vivement décriées, au diapason des normes européennes.
Le Sénat a imprimé sa marque sur la réforme pénitentiaire qu'il a adopté vendredi, en enrichissant notablement un texte qui vise à mettre les conditions de vie dans les prisons françaises, vivement décriées, au diapason des normes européennes. — Jacques Demarthon AFP/archives

C'est un coup dur pour les syndicats et les partis de gauche. Le Sénat a voté lundi l'une des mesures-phare de la réforme des retraites, qui repousse de 65 à 67 ans l'âge de la retraite sans décote quel que soit le nombre d'années de cotisation, mesure unanimement rejetée par l'opposition.

L'article 6 a été adopté par 174 voix contre 159. L'UMP a voté pour, ainsi qu'une majorité de centristes. Les sénateurs centristes du MoDem ont voté contre, de même que le PS, le CRC-SPG (communistes et parti de gauche) et le RDSE (à majorité radicaux de gauche).

Deux amendements de l'opposition adoptés

Les sénateurs ont voté deux amendements du gouvernement à cet article prévoyant le maintien du départ à 65 ans sans décote pour les parents d'enfants lourdement handicapés soignés à domicile et pour les mères de trois enfants nées entre 1951 et 1955 ayant arrêté de travailler pour élever au moins un enfant.

Deux autres amendements, ceux-là émanant de l'opposition, ont également été adoptés. Le premier, du groupe CRC-SPG (communistes et parti de gauche), donne aux aidants familiaux la possibilité de partir sans décote à 65 ans dans des conditions déterminées par décret. Le deuxième, émanant du PS, maintient le départ à taux plein à 65 ans pour les «assurés handicapés».

De nombreuses voix contre le gouvernement

Une ribambelle de sénateurs de l'opposition de gauche se sont succédé pour dénoncer cet article. François Patriat (PS) a dénoncé une «réforme idéologique placé non sous le signe du courage mais de l'injustice».

Jacqueline Gourault (Union centriste) s'est émue que le gouvernement «n'ait pas fait le geste d'ouvrir la discussion» avec, notamment, la CFDT sur cet article, précisant que les sénateurs MoDem voteraient contre.

Eric Woerth a répondu en reprochant à la gauche de n'avoir «jamais voulu faire de réforme». «On n'est pas là pour faire des choses faciles (...) c'est compliqué de dire aux Français qu'il faut travailler plus, de passer aux 67 ans, mais il faut le faire», a-t-il ajouté.