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DECRYPTAGESpéléologue retrouvé mort: Retour sur huit jours de recherches en Ardèche

Spéléologue retrouvé mort: Retour sur huit jours de recherches en Ardèche

DECRYPTAGEEric Establie a été retrouvé noyé huit jours après sa disparition...
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no caption - P.DESMAZES / AFP
Maud Pierron avec AFP

Maud Pierron avec AFP

Qui est Eric Establie?
Eric Establie était l’un des tout meilleurs spéléologues français, voire du monde. Agé de 45 ans, marié et père d’un enfant de 14 ans, ce Cannois était scaphandrier de profession. Il dirigeait une société de travaux maritimes et sous-marins à Cannes. Il était également membre depuis quatre ans du Spéléo secours français (SSF). A ce titre, il avait participé en mars 2009 à la remontée du corps sans vie d'un plongeur chevronné dans le Lot. Il était tout, sauf une tête brûlée, d’après ses amis.

Comment s’est-il retrouvé bloqué?
Eric Establie était parti dimanche 3 octobre, vers 9h30, explorer une grotte plongeant dans le lit de la source de la Dragonnière, à Labastide-de-Virac, en Ardèche, pour réaliser un nouveau relevé topographique des lieux. A son retour, le spéléologue a été bloqué par un éboulement à 780 mètres de l’entrée de la grotte et à 46 mètres de profondeur. Ses amis donnent l'alerte. Le spéléo semble avoir trouvé une poche d’air, lui permettant de survivre quelques jours.

Où et comment le corps d’Eric Establie a été retrouvé?
Le corps du spéléologue a été retrouvé par les deux plongeurs britanniques partis le secourir, quelque 70 mètres après l’éboulis dans lequel l’homme de 45 ans était bloqué depuis huit jours. C’est la première fois que les équipes de secours dépassaient cet éboulis. On ne sait donc pas depuis quand Eric Establie est mort.

Comment se sont déroulées les opérations de secours?
Sur trois fronts. D’abord, en l’absence de signe de vie, les autorités étaient relativement pessimistes, jusqu’à ce que, mardi dernier, deux plongeurs britanniques trouvent le propulseur du spéléo, «pointé délibérément comme pour dire "je suis parti me réfugier dans une zone exondée"».
A partir de ce moment, différentes équipes de spéléologues se sont relayées pour plonger dans la galerie inondée atteindre le spéléologue. En vain jusqu’à ce lundi.
Parallèlement, dès mercredi dernier, des travaux d'excavation d'une cheminée naturelle partant du plateau dominant les gorges ont été menés à la pelle et à l’explosif, dans l’objectif de déboucher sur la galerie dans laquelle il était réfugié au-delà de l'éboulis.
Enfin, dimanche, le forage d'un «puits de contact» de 14 cm de diamètre dans le plateau, à l'aplomb de la cavité, a débuté, pour créer une éventuelle voie de passage de vivres et d'équipement.

Pourquoi y-a-t-il eu un regain d’optimisme samedi?
Cette journée était présentée comme décisive. Ce jour-là, deux plongeurs britanniques, équipés d'une sonde d'avalanche et d'un détecteur électromagnétique, explorent l’éboulis à la recherche du corps du spéléo. Mais, coup de théâtre, des «sons», qui ressemblent à des «coups frappés» par le spéléologue sur une roche, font renaître l'espoir de le sortir vivant. On parle de signes de vie et le pessimisme laisse place à l’optimisme. Lundi encore, même en l’absence de nouveaux signes de vie, les équipes de secours ont toujours un fort espoir de retrouver le disparu vivant. Selon l'organisation Spéléo Secours, Eric Establie, équipé d'une combinaison étanche et disposant d'eau, pouvait survivre 15 jours, voire trois semaines.

Pourquoi était-il si compliqué d’atteindre le spéléologue?
D’abord, le terrain est très compliqué: dans la galerie inondée, la visibilité était réduite, notamment avec une eau très trouble. De plus, la configuration de la galerie contraint les plongeurs à un certains nombre de paliers de décompression. En outre, Eric Establie était «le seul à connaître» la cavité, expliquait Eric Zipper, membre du Spéléo Secours Français. C’est d’ailleurs Establie lui-même qui a fait le plan de cette galerie. «En France, on a cinq plongeurs capables de faire ça», résumait Eric Zipper, ce qui explique que l'équipe de neuf plongeurs (cinq de pointe et quatre d'assistance) compte aussi trois Britanniques et deux Suisses. Ce n’est donc que lundi que les deux Britanniques ont pu, pour la première fois, franchir l’éboulis et faire la terrible découverte.

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