Nicolas Sarkozy au Vatican: «Si c'est parce qu'il est en panne d'électeurs, c'est dommage»

POLITIQUE Les catholiques français observent prudemment la visite présidentielle au Saint-Siège...

Oriane Raffin

— 

Nicolas Sarkozy a rendu visite au pape Benoît XVI au Vatican, vendredi 8 octobre 2010.
Nicolas Sarkozy a rendu visite au pape Benoît XVI au Vatican, vendredi 8 octobre 2010. — AFP PHOTO / POOL / CHRISTOPHE SIMON

«C’est toujours intéressant quand des personnes qui ont de grandes responsabilités ont l’occasion de se rencontrer», note Antoine Renard, président des Associations familiales catholiques, contacté par 20minutes.fr, au sujet de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Benoît XVI, ce vendredi, au Vatican.

Une visite perçue par beaucoup comme l’occasion de rassurer l’électorat catholique, après la polémique suscitée par une petite phrase du souverain pontife, considérée comme une critique de la politique française sur les Roms.

Réactions de prêtres français, de fidèles... Nicolas Sarkozy, qui n’a jamais été beaucoup apprécié par l’électorat catholique, en partie à cause de sa réputation «bling-bling» a donc vu ces fidèles s’éloigner. «Il y a des hésitations d’une façon générale chez tous les Français. C’est une période difficile, avec une lisibilité pas très grande: les catholiques n’échappent pas à la règle», poursuit Antoine Renard. Même si, pour lui, le désamour de l’électorat «n’est pas particulièrement lié» à la polémique autour des Roms.

«C’est un peu tard pour s’occuper des catholiques»

«Nicolas Sarkozy tente une réconciliation avec l’Eglise catholique en France, et de récupérer l’électorat catholique, qui, de toute manière, est traditionnellement à droite et demeurera à droite», complète le blogueur Olivier Honor, joint par 20minutes.fr. Il souligne la «complexité» de la visite présidentielle qui a également pour but de pacifier les relations entre Paris et le Vatican.

«En soit, c’est sympathique qu’il y ait des contacts entre les deux. Mais si c’est parce que Nicolas Sarkozy est en panne d’électeurs, c’est dommage», note l’abbé Philippe Laguérie, supérieur général de l’Institut du Bon Pasteur.

«C’est un peu tard pour s’occuper des catholiques dans le pays! Notamment sur la politique de la famille. On peut dire que ça n’a pas été le cheval de bataille de Nicolas Sarkozy», poursuit l’abbé Philippe Laguérie.

«La ficelle est un peu grosse»

Pour le blogueur Koz, «la ficelle est un peu grosse: ça ressemble à une opération de Spin Doctor». Selon lui, le problème de la politique de Nicolas Sarkozy, c'est qu'elle «manque de cohérence sur le long terme. Il va être difficile pour Nicolas Sarkozy de draguer à la fois l'extrême droite et les catholiques, en alternant, comme il le fait, une séquence sécuritaire et une séquence catholique. Ça rend les choses peu crédibles».

Seul point positif selon lui: «C'est le signe qu'au-delà du pourcentage d'électeurs qu'elle représente, l'Eglise continue à avoir une influence spirituelle. Donc ça vaut la preine de prendre la parole».

Et vous, qu’en pensez-vous? La visite de Nicolas Sarkozy au Vatican peut-elle changer le regard des catholiques français sur leur président?